Définition et statut

Un comportement défini par sa fonction

En psychologie de l’apprentissage, l’évitement est un comportement qui prévient ou retarde le contact avec un événement aversif anticipé. L’échappement s’en distingue : il met fin à un événement aversif déjà présent.

Le terme est aussi utilisé dans la clinique de l’anxiété. Un comportement isolé ne suffit toutefois jamais à établir un trouble : une évaluation clinique considère notamment la peur, la durée, le contexte, la détresse et le retentissement fonctionnel.American Psychological Association · National Institute for Health and Care Excellence, 2013

Mécanisme

Pourquoi le soulagement peut renforcer l’évitement

Un comportement est renforcé négativement lorsqu’il devient plus probable parce qu’il fait cesser ou permet d’éviter un événement pénible. Quitter une situation redoutée peut faire baisser la peur immédiatement ; ce soulagement peut favoriser un nouveau retrait dans une situation semblable. « Négatif » signifie ici qu’un état pénible est retiré, non que le comportement serait mauvais.

Ce mécanisme est bien établi dans l’apprentissage de l’évitement, mais il n’explique pas toute conduite humaine. Un retrait peut aussi répondre à un risque objectif, une contrainte matérielle, une préférence, de la fatigue ou une décision stratégique.Krypotos et al., 2015

Manifestations

Plusieurs formes, aucune n’est spécifique à elle seule

La même conduite peut remplir des fonctions très différentes. Ne pas assister à une réunion peut relever d’une protection justifiée, d’une maladie, d’un conflit d’horaires, d’un désintérêt ou d’une peur apprise.

  • Actif : annuler, partir, contourner un lieu ou refuser une activité.
  • Passif : ne pas initier une action, rester silencieux ou laisser expirer une échéance.
  • Cognitif ou attentionnel : détourner systématiquement son attention d’un contenu pénible.
  • Interpersonnel : réduire le contact, éluder un sujet ou ne pas demander une information redoutée.
  • Expérientiel : tenter de contrôler ou supprimer des pensées, émotions, souvenirs ou sensations difficiles.

Fonction et effets

Utile dans certains contextes, coûteux dans d’autres

À court terme, l’évitement peut réduire la peur, la honte, la douleur, la surcharge ou l’incertitude. Il peut aussi protéger d’un danger, préserver des ressources et différer une décision jusqu’à disposer d’informations suffisantes.

Lorsque la même réponse devient rigide et coûteuse, elle peut restreindre l’activité, les relations ou l’accès à des informations susceptibles de corriger une anticipation. La fonction du comportement compte davantage que le retrait en lui-même.Hofmann et al., 2018

Distinctions

Retrait, conduites de sécurité et procrastination

Un retrait stratégique répond à un risque identifiable, reste proportionné et révisable, et préserve d’autres possibilités d’action. Un évitement devient coûteux lorsqu’il procure surtout un soulagement immédiat, se répète sans réévaluation et réduit durablement les possibilités.

Les conduites de sécurité permettent de rester dans une situation redoutée tout en cherchant à prévenir une catastrophe. Leur rôle est plus nuancé que l’idée selon laquelle elles empêcheraient toujours l’apprentissage. La procrastination peut servir à éviter l’inconfort d’une tâche, mais elle constitue un objet distinct et peut avoir d’autres déterminants.Meulders et al., 2016

Limites d’interprétation

Ce que l’observation permet — et ne permet pas — de conclure

Observer plusieurs situations peut montrer qu’un comportement, un contexte ou un soulagement rapporté revient. Cette répétition aide à formuler une hypothèse sur ce qui précède et suit une décision.

Elle ne démontre pas à elle seule un mécanisme de renforcement, ne mesure pas le danger objectif et ne permet pas de diagnostiquer un trouble. « Évitement » reste ici une hypothèse descriptive révisable.

Références

  1. American Psychological Association. (n.d.). Avoidance. In APA Dictionary of Psychology. Retrieved August 30, 2026, from https://dictionary.apa.org/avoidance
  2. Hofmann, S. G., & Hay, A. C.. (2018). Rethinking avoidance: Toward a balanced approach to avoidance in treating anxiety disorders. Journal of Anxiety Disorders. https://doi.org/10.1016/j.janxdis.2018.03.004
  3. Krypotos, A.-M., Effting, M., Kindt, M., & Beckers, T.. (2015). Avoidance learning: a review of theoretical models and recent developments. Frontiers in Behavioral Neuroscience. https://doi.org/10.3389/fnbeh.2015.00189
  4. Meulders, A., Van Daele, T., Volders, S., & Vlaeyen, J. W. S.. (2016). The use of safety-seeking behavior in exposure-based treatments for fear and anxiety: Benefit or burden?. Clinical Psychology Review. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2016.02.002
  5. National Institute for Health and Care Excellence. (2013). Social anxiety disorder: recognition, assessment and treatment. NICE guideline CG159. https://www.nice.org.uk/guidance/cg159/chapter/recommendations

Relecture scientifique externe : à effectuer. Prochaine revue prévue : 2027-08-30.