1976Robuste, amplitude très variable selon les personnes
Effet McGurk
Voir un visage articuler un son peut changer ce qu’on croit entendre, alors même que le son réellement diffusé reste identique.
Protocole
Des participants regardaient une vidéo où le son d’une syllabe, par exemple « ba », était doublé sur l’image d’un visage articulant une autre syllabe, par exemple « ga », et devaient rapporter ce qu’ils entendaient.
Résultat
Une majorité de participants rapportait entendre une syllabe différente du son réellement diffusé, souvent perçue comme une fusion des deux (« da »), révélant que la perception de la parole intègre automatiquement l’information visuelle du visage, y compris à l’insu de l’auditeur.
Limites actuelles
L’ampleur de l’effet varie énormément d’une personne à l’autre, de 0 % à 100 % de perception de l’illusion selon les individus et selon les paires de sons utilisées, tout en restant stable dans le temps pour une même personne testée à un an d’intervalle. L’effet est également plus faible chez les locuteurs de certaines langues et chez les enfants les plus jeunes, et se réduit fortement quand les flux audio et visuel ne sont pas synchronisés, ce qui limite les généralisations simples sur « l’intégration audiovisuelle » comme mécanisme unique et uniforme.
SourcesMcGurk, 1976Basu Mallick, 2015
1998Robuste, mesures partiellement dissociées
Illusion de la main en caoutchouc
Voir une fausse main touchée en même temps que sa propre main cachée reçoit un contact identique peut suffire à ressentir cette main artificielle comme sienne.
Protocole
Une main en caoutchouc était placée devant le participant, sa propre main correspondante restant cachée à sa vue. Un expérimentateur touchait la fausse main et la vraie main en synchronie avec un pinceau, une condition de contrôle appliquant les mêmes touchers de façon asynchrone.
Résultat
En condition synchrone, une majorité de participants rapportait ressentir la fausse main comme faisant partie de son propre corps, et leur estimation de la position de leur vraie main dérivait perceptiblement vers la main en caoutchouc. Cet effet était nettement plus faible, voire absent, en condition asynchrone.
Limites actuelles
Le sentiment subjectif d’appropriation, mesuré par questionnaire, et le déplacement proprioceptif mesuré, la « dérive », ne varient pas toujours ensemble : la dérive peut apparaître même sans stimulation synchrone ou sans sentiment d’appropriation rapporté, ce qui suggère que les deux mesures habituelles de l’illusion ne reflètent pas exactement le même mécanisme. L’ampleur de l’illusion varie aussi fortement d’une personne à l’autre.
SourcesBotvinick, 1998Rohde, 2011