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5 portraits critiques

Les auteurs,
de la relation d’aide
à la thérapie évaluée.

La psychologie clinique contemporaine doit ses courants principaux à quelques figures fondatrices, souvent en rupture les unes avec les autres. Ce répertoire évalue leur héritage clinique à la lumière de ce que les essais contrôlés et les méta-analyses ont depuis établi.

Carl Rogers1902–1987 · États-Unis · approche centrée sur la personne

Pionnier de la thérapie centrée sur la personne, Rogers déplace l’autorité clinique de l’interprétation savante vers la qualité de la relation offerte par le thérapeute, une intuition qu’il a aussi été l’un des premiers à soumettre à l’enregistrement et à la mesure, avant que la prétention à un climat relationnel suffisant à lui seul ne soit nuancée par la recherche ultérieure.

Repère conceptuel

De l’orientation scolaire à la thérapie centrée sur le client

Repère historique

Formé d’abord à la théologie puis à la psychologie clinique à l’université Columbia, Rogers travaille dans les années 1930 comme conseiller auprès d’enfants en difficulté avant de rejoindre l’Ohio State University, puis l’université de Chicago et enfin celle du Wisconsin. Il y élabore une pratique qu’il nomme d’abord « non directive », puis « centrée sur le client », en rupture avec les postures d’autorité tant psychanalytique que psychiatrique de son époque.

Élu président de l’American Psychological Association en 1947, il construit une théorie de la personnalité et du changement thérapeutique fondée sur la tendance actualisante, cette capacité de tout organisme à croître vers plus de complexité et d’autonomie lorsque l’environnement le lui permet. Cette conception optimiste de la nature humaine tranche avec les modèles pulsionnels ou strictement comportementaux dominants à la même époque.

Encore utile

Les conditions du changement et une méthode d’observation inédite

Héritage clinique et méthodologique

Dans son article de 1957, Rogers formule l’hypothèse que six conditions, dont trois portées par le thérapeute (congruence, regard positif inconditionnel, compréhension empathique), sont nécessaires et suffisantes au changement thérapeutique, quelle que soit l’orientation théorique du praticien. Cette thèse d’un tronc commun relationnel, indépendant des techniques spécifiques, reste aujourd’hui étayée par la recherche sur les « facteurs communs », qui retrouve régulièrement l’alliance et l’empathie perçue parmi les meilleurs prédicteurs transversaux du résultat thérapeutique.

Rogers est aussi l’un des tout premiers cliniciens à enregistrer intégralement des séances de thérapie, dès le début des années 1940, à en publier les transcriptions complètes et à faire passer des tests psychométriques avant et après traitement, y compris à des groupes témoins. Cette discipline méthodologique, précoce de plusieurs décennies sur le reste du champ, tranche avec l’image d’une écoute seulement chaleureuse et peu rigoureuse que son approche a gardée dans la culture populaire.

Discuté

Nécessaire et suffisant, une prétention à nuancer

Portée surestimée

L’affirmation que les trois attitudes du thérapeute suffisent, à elles seules, à produire le changement a été largement discutée. Les méta-analyses sur les facteurs communs confirment une corrélation robuste mais d’ampleur modeste entre alliance ou empathie perçue et résultat thérapeutique, insuffisante pour soutenir qu’aucune technique spécifique n’ajoute rien au-delà de ce climat relationnel, en particulier pour des troubles où des protocoles structurés (phobies spécifiques, trouble obsessionnel compulsif) montrent une efficacité propre.

La méthode non directive, pensée pour des adultes en mesure d’élaborer verbalement leur expérience, s’est aussi révélée moins directement transposable à des présentations cliniques sévères, comme les états psychotiques ou certains troubles envahissants du développement, où un cadre plus structurant est généralement recommandé. Cela ne retire rien à la solidité empirique de l’intuition centrale de Rogers sur la qualité de la relation, mais borne son champ d’application.

  1. Rogers, C. R. (1957). The necessary and sufficient conditions of therapeutic personality change. Journal of Consulting Psychology, 21(2), 95–103.
  2. Wampold, B. E. (2015). How important are the common factors in psychotherapy? An update. World Psychiatry, 14(3), 270–277.
  3. Kirschenbaum, H., & Jourdan, A. (2005). The current status of Carl Rogers and the person-centered approach. Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training, 42(1), 37–51.
Albert Ellis1913–2007 · États-Unis · thérapie rationnelle-émotivo-comportementale

Déçu par des années de pratique psychanalytique jugées trop lentes et trop peu directives, Ellis fonde dès le milieu des années 1950 une thérapie centrée sur la restructuration des croyances irrationnelles, portée par un style de confrontation directe qui a autant construit sa notoriété que suscité des critiques éthiques durables.

Repère conceptuel

De la psychanalyse classique à une thérapie active

Repère historique

Formé à la psychologie clinique, Ellis pratique entre 1947 et 1953 une analyse et une psychothérapie d’orientation analytique classique, avant de conclure que cette méthode, lente et centrée sur l’exploration du passé, ne produisait pas les résultats qu’elle promettait. Il développe alors une approche plus directive, centrée sur les croyances présentes du patient plutôt que sur la reconstruction de son histoire inconsciente.

Fondée au milieu des années 1950 sous le nom de thérapie rationnelle, puis rebaptisée thérapie rationnelle-émotivo-comportementale, sa méthode précède de quelques années la thérapie cognitive d’Aaron Beck et partage avec elle l’idée centrale que ce sont les croyances sur les événements, plus que les événements eux-mêmes, qui produisent la souffrance émotionnelle.

Encore utile

Le modèle ABC et la dispute des croyances irrationnelles

Cadre clinique répandu

Ellis résume sa théorie dans le modèle ABC : un événement Activateur ne produit pas directement une Conséquence émotionnelle, celle-ci est médiatisée par les croyances (Beliefs) que la personne tient sur cet événement, en particulier des exigences rigides du type « il faut absolument que ». Le travail thérapeutique consiste à Disputer ces croyances pour les remplacer par des préférences plus souples.

Ce modèle, aujourd’hui largement absorbé par l’ensemble des thérapies cognitivo-comportementales, a influencé jusqu’au vocabulaire clinique courant sur la distinction entre émotion appropriée et démesurée, et continue d’être enseigné indépendamment de la personnalité publique polémique de son fondateur.

Discuté

Un style confrontant, une fin de carrière conflictuelle

Éthique clinique discutée

Ellis revendiquait un style thérapeutique volontairement confrontant, parfois cru et provocateur, pour bousculer frontalement les croyances irrationnelles du patient. Cette posture, qui a contribué à sa notoriété, a aussi été critiquée en son temps comme risquant de heurter l’alliance thérapeutique et de faire fuir des patients plus qu’elle ne les aide, en l’absence d’un cadre suffisamment chaleureux pour l’accompagner.

En 2005, le conseil d’administration de l’institut qui porte son nom le démet de ses fonctions après un désaccord sur des avantages financiers qui lui avaient été accordés, provoquant une bataille judiciaire publique entre Ellis et ses propres administrateurs, tranchée en sa faveur par la justice new-yorkaise début 2006. Cet épisode institutionnel n’invalide pas ses apports cliniques, mais illustre la difficulté d’une discipline construite très largement autour de la personnalité de son fondateur à se doter d’une gouvernance indépendante de lui.

  1. Ellis, A. (1962). Reason and Emotion in Psychotherapy. Lyle Stuart.
  2. Ellis v. Broder, 11 Misc. 3d 534 (N.Y. Sup. Ct. 2006).
Hans Eysenck1916–1997 · Londres · critique de la psychothérapie

Eysenck impose au milieu du XXe siècle l’exigence d’évaluer la psychothérapie par des données plutôt que par la seule autorité clinique, une exigence dont la portée scientifique reste discutée sur le fond et dont une partie de l’œuvre a été jugée, après sa mort, scientifiquement non fiable par sa propre université.

Repère conceptuel

Du Berlin des années 1930 au Maudsley

Repère historique

Né à Berlin, Eysenck quitte l’Allemagne en 1934 en opposition au nazisme et achève sa formation de psychologue en Angleterre. Il dirige à partir de 1955 le département de psychologie de l’Institute of Psychiatry, rattaché au Maudsley Hospital de Londres, où il contribue à installer la thérapie comportementale, fondée sur les théories de l’apprentissage, comme alternative clinique crédible face à la psychanalyse alors dominante dans les pays anglophones.

Il élabore aussi une théorie factorielle de la personnalité, le modèle PEN (Psychoticisme, Extraversion, Névrosisme), qu’il cherche à ancrer dans des différences biologiques de fonctionnement cérébral plutôt que dans de simples traits descriptifs, une ambition de fonder la psychologie de la personnalité sur des mécanismes physiologiques mesurables plutôt que sur la seule introspection clinique.

Discuté

La méta-analyse de 1952 sur la psychothérapie

Débat historique tranché puis rouvert

Dans « The Effects of Psychotherapy: An Evaluation » (1952), Eysenck compare les taux d’amélioration de patients traités par psychanalyse ou par des thérapies éclectiques à un taux de rémission spontanée qu’il évalue autour de 70 %, pour conclure que la psychothérapie ne fait pas mieux que l’absence de traitement. L’article, très largement repris dans le débat public, ébranle durablement l’autorité clinique de la psychanalyse dans le monde anglophone.

Ses choix méthodologiques sont critiqués dès les années 1950 et 1960 : critères de guérison très généreux pour le groupe non traité, très sévères pour les groupes traités, délais de suivi asymétriques entre les deux groupes, et exclusion de données défavorables à sa thèse. Des réévaluations ultérieures situent le taux de rémission spontanée plus près de 40 %, et la première méta-analyse systématique du champ, publiée par Gene Glass en 1976 sur plusieurs centaines d’études, conclut à un effet net et robuste de la psychothérapie. L’ampleur exacte de cet effet, une fois les biais de publication pris en compte, continue toutefois d’être débattue dans la littérature contemporaine.

À abandonner

L’enquête posthume sur les données personnalité et cancer

Publications jugées non fiables

À partir des années 1980, Eysenck publie avec le psychologue Ronald Grossarth-Maticek une série de travaux affirmant qu’un profil de personnalité prédit le risque de cancer ou de maladie cardiovasculaire avec une force statistique extraordinaire, au point que certains articles font état d’un risque relatif supérieur à 100 entre profils de personnalité opposés, une ampleur sans équivalent en épidémiologie.

Une enquête menée en 2019 par le King’s College London, qui avait employé Eysenck jusqu’à sa retraite, examine l’ensemble des articles cosignés avec Grossarth-Maticek et conclut que 26 d’entre eux, publiés dans onze revues, doivent être considérés comme scientifiquement non fiables, en raison de problèmes affectant le recueil des données et la sélection des cas analysés ; l’établissement recommande leur rétractation aux revues concernées. Cette conclusion, portée par l’université elle-même, porte sur un corpus de travaux distinct de la méta-analyse de 1952, qui soulève une question méthodologique différente et reste, elle, une controverse scientifique ordinaire plutôt qu’un cas de données jugées non fiables.

  1. Eysenck, H. J. (1952). The effects of psychotherapy: An evaluation. Journal of Consulting Psychology, 16(5), 319–324.
  2. King’s College London (2019). Statement regarding the enquiry into publications authored by Professor Hans J. Eysenck with Professor Ronald Grossarth-Maticek.
  3. Marks, D. F., & Buchanan, R. D. (2020). King’s College London’s enquiry into Hans J Eysenck’s ‘Unsafe’ publications must be properly completed. Journal of Health Psychology, 25(3), 293–299.
Marsha Linehan1943– · États-Unis · thérapie comportementale dialectique

Confrontée à l’échec des protocoles comportementaux classiques face à des patientes chroniquement suicidaires, Linehan développe la thérapie comportementale dialectique en associant restructuration cognitive et acceptation radicale, une synthèse dont elle révélera bien plus tard qu’elle puisait aussi dans sa propre expérience de la souffrance psychique.

Repère conceptuel

Une thérapie née de l’échec des protocoles existants

Repère historique

Professeure de psychologie à l’université de Washington à partir de 1977, Linehan constate que les protocoles comportementaux standards, centrés sur le changement, échouent souvent auprès de patientes chroniquement suicidaires et automutilatrices répondant aux critères du trouble de la personnalité borderline : le rythme et l’exigence de changement de ces protocoles sont vécus comme invalidants par des personnes en détresse aiguë, ce qui peut aggraver le risque suicidaire plutôt que de le réduire.

Elle développe à partir de la fin des années 1980 la thérapie comportementale dialectique (TCD), qui associe des techniques cognitivo-comportementales classiques de changement à des pratiques d’acceptation radicale et de pleine conscience inspirées de traditions contemplatives, l’élément « dialectique » désignant la synthèse recherchée entre ces deux exigences a priori contradictoires.

Encore utile

Un essai contrôlé fondateur pour un trouble jugé jusque-là intraitable

Traitement validé empiriquement

En 1991, Linehan et ses collègues publient dans les Archives of General Psychiatry le premier essai randomisé contrôlé montrant qu’une année de thérapie comportementale dialectique réduit significativement la fréquence et la gravité des gestes parasuicidaires par rapport à un traitement habituel, chez des patientes jusque-là considérées par une partie de la profession comme peu traitables.

Cet essai fondateur ouvre la voie à des dizaines d’essais contrôlés ultérieurs et fait de la TCD l’un des traitements les mieux validés empiriquement pour le trouble de la personnalité borderline, aujourd’hui recommandé dans plusieurs référentiels cliniques internationaux, une position qui place Linehan parmi les rares théoriciennes cliniques à avoir soumis leur propre modèle à l’épreuve de l’essai contrôlé plutôt qu’à la seule validation clinique interne.

Discuté

Une révélation tardive sur l’origine du modèle

Contexte biographique, pas une preuve

En juin 2011, Linehan révèle publiquement, dans une intervention reprise par le New York Times, qu’elle a elle-même été hospitalisée pendant plus de deux ans à l’adolescence, au début des années 1960, pour une détresse suicidaire sévère et des scarifications répétées, avec un diagnostic de schizophrénie posé à une époque où le trouble de la personnalité borderline n’était pas encore individualisé dans les classifications psychiatriques.

Elle explique avoir ensuite reconnu, à la lumière de sa propre formation clinique, que ses symptômes de l’époque correspondaient davantage à ce trouble borderline qu’elle a consacré sa carrière à traiter, et avoir en partie construit la TCD comme le traitement qu’elle aurait aimé recevoir. Cette révélation, faite volontairement après des décennies de silence, ne constitue pas une preuve scientifique supplémentaire de l’efficacité de la TCD, dont la validité repose sur les essais contrôlés, mais elle a été saluée comme un geste rare de transparence dans une discipline où les cliniciens exposent peu leur propre vécu psychique.

  1. Linehan, M. M., Armstrong, H. E., Suarez, A., Allmon, D., & Heard, H. L. (1991). Cognitive-behavioral treatment of chronically parasuicidal borderline patients. Archives of General Psychiatry, 48(12), 1060–1064.
  2. Carey, B. (2011, 23 juin). Expert on mental illness reveals her own fight. The New York Times.
Aaron Beck1921–2021 · États-Unis · thérapie cognitive

Formé à la psychanalyse, Beck en rompt après avoir cherché, sans succès, à confirmer empiriquement sa théorie de la dépression comme colère retournée contre soi, un écart entre données cliniques et théorie qui donne naissance à la thérapie cognitive.

Repère conceptuel

Une tentative de validation qui tourne à la réfutation

Repère historique

Psychiatre formé à la psychanalyse à l’université de Pennsylvanie, Beck entreprend à la fin des années 1950 d’apporter une preuve empirique à la théorie freudienne selon laquelle la dépression résulterait d’une hostilité inconsciente retournée contre soi. Il conçoit à cette fin, avec un étudiant, une méthode de cotation de l’hostilité manifeste dans le contenu des rêves de patients déprimés.

Les résultats contredisent directement l’hypothèse qu’il cherchait à confirmer : les patients déprimés expriment dans leurs rêves moins d’hostilité, et non davantage, que des sujets non déprimés, mais un contenu bien plus marqué par des thèmes de perte, d’échec et de dévalorisation de soi. Publiée en 1963 dans les Archives of General Psychiatry, cette étude marque le point de départ de sa rupture avec la théorie psychanalytique de la dépression.

Encore utile

Une théorie cognitive et un manuel de traitement testé

Modèle largement validé

Beck en tire une théorie cognitive de la dépression centrée sur des schémas de pensée négatifs stables portant sur soi, le monde et l’avenir, la « triade cognitive », entretenus par des distorsions systématiques du raisonnement (généralisation excessive, abstraction sélective, pensée dichotomique). Dans Cognitive Therapy of Depression (1979), coécrit avec ses collaborateurs, il formalise un protocole thérapeutique structuré visant à identifier et à corriger ces pensées automatiques.

Ce manuel devient l’un des protocoles les plus étudiés de l’histoire de la psychothérapie, avec plusieurs centaines d’essais contrôlés ultérieurs, et fonde ce qui deviendra la thérapie cognitivo-comportementale, aujourd’hui le traitement psychologique le plus recommandé par les référentiels cliniques internationaux pour la dépression et les troubles anxieux.

Discuté

Une théorie de la dépression, pas une preuve définitive de la thérapie

Fondements théoriques discutés

Une partie de la littérature critique, dont un article publié en 2017 dans le BJPsych Bulletin, relève que la présentation par Beck de la théorie psychanalytique qu’il cherchait à réfuter est elle-même contestable : la clinique psychanalytique de la dépression ne se réduisait pas à la seule hypothèse de la colère retournée contre soi, ce qui fragilise en partie le récit fondateur d’une rupture décisive entre les deux théories. Cet article a lui-même suscité une réponse défendant, dans le même numéro de la revue, les fondements théoriques et cliniques de la thérapie cognitive.

Par ailleurs, l’efficacité solidement établie de la thérapie cognitivo-comportementale ne valide pas automatiquement chacun des mécanismes cognitifs postulés par Beck : plusieurs études de démantèlement montrent que des composantes comportementales simples, comme l’activation comportementale seule, obtiennent des résultats comparables à la thérapie cognitive complète, ce qui suggère que l’efficacité clinique ne dépend pas nécessairement de la restructuration cognitive telle qu’il la théorisait.

  1. Beck, A. T. (1963). Thinking and depression: I. Idiosyncratic content and cognitive distortions. Archives of General Psychiatry, 9(4), 324–333.
  2. Beck, A. T., Rush, A. J., Shaw, B. F., & Emery, G. (1979). Cognitive Therapy of Depression. Guilford Press.
  3. Gipps, R. G. T. (2017). Does the cognitive therapy of depression rest on a mistake? BJPsych Bulletin, 41(5), 267–271.