Définition
Définition et périmètre
Une remise en cause publiée en 2018 par Gal et Rucker soutient que l’aversion aux pertes a été surgénéralisée en une loi universelle du comportement, alors que les données ne soutiendraient qu’une affirmation beaucoup plus conditionnelle, plusieurs phénomènes attribués à cette asymétrie pouvant s’expliquer sans invoquer un poids plus fort accordé aux pertes. Une revue de 2019 par Yechiam va dans le même sens en montrant que les données originales de Kahneman et Tversky révélaient une surpondération des pertes très importantes mais pas nécessairement des pertes modestes, ce qui nuance la portée réelle du ratio souvent cité dans les manuels.Kahneman, 1979 · Tversky, 1991
Cette notion décrit un fonctionnement possible, dont l’intensité et les effets varient selon la situation. La reconnaître suppose d’examiner ce qui la déclenche, la fonction qu’elle prend et ce qu’elle produit dans le temps, plutôt que de s’arrêter à une conduite isolée.Kahneman, 1979 · Tversky, 1991
Comprendre
Mécanisme et fonction
Aversion aux pertes dépend de la manière dont l’information est sélectionnée, interprétée et maintenue disponible. Le processus peut être rapide ou réfléchi, volontaire ou partiellement automatique ; ces dimensions doivent être distinguées avant de lui attribuer une cause unique.Tversky, 1991 · Gal, 2018 · Yechiam, 2019
Son caractère utile ou coûteux dépend moins de sa simple présence que de sa fréquence, de sa souplesse et de son ajustement au contexte. Un fonctionnement ponctuel peut soutenir l’adaptation ; le même fonctionnement, devenu automatique ou exclusif, peut réduire les possibilités de réponse.Tversky, 1991 · Gal, 2018 · Yechiam, 2019
Observer
Formes et variations
Les exemples rendent la notion plus concrète sans en faire une règle générale. Un même comportement peut remplir une autre fonction dans une autre situation.Tversky, 1991 · Gal, 2018 · Yechiam, 2019
- Refuser un pari à somme nulle, gagner 100 euros ou en perdre 100 avec la même probabilité, illustre l’aversion aux pertes alors que l’espérance de gain est strictement nulle.
- Un investisseur qui garde une action perdante plus longtemps qu’une action gagnante équivalente peut agir sous l’effet d’une aversion aux pertes plutôt que d’un calcul rationnel.
Distinguer
Notions proches et limites
Aversion aux pertes est notamment rapproché de Théorie du double processus (Système 1 / Système 2) et Heuristique de disponibilité. Ces relations signalent des recouvrements possibles, pas des synonymes : deux notions peuvent produire des conduites semblables tout en différant par leur déclencheur, leur fonction ou leur temporalité.Gal, 2018 · Yechiam, 2019
La notion devient peu informative lorsqu’elle est utilisée comme une étiquette globale. Elle gagne au contraire en précision lorsqu’on peut décrire les situations où elle apparaît, les changements qui la modifient et les observations qui contrediraient l’hypothèse.Tversky, 1991 · Gal, 2018 · Yechiam, 2019
Références
- Gal, D., & Rucker, D. D. (2018). The loss of loss aversion: Will it loom larger than its gain? Journal of Consumer Psychology, 28(3), 497–516.
- Kahneman, D., & Tversky, A. (1979). Prospect theory: An analysis of decision under risk. Econometrica, 47(2), 263–291.
- Tversky, A., & Kahneman, D. (1991). Loss aversion in riskless choice: A reference-dependent model. The Quarterly Journal of Economics, 106(4), 1039–1061.
- Yechiam, E. (2019). Acceptable losses: The debatable origins of loss aversion. Psychological Research, 83(7), 1327–1339.
Dernière révision documentaire : septembre 2026.