Définition
Définition et périmètre
L’approche hédonique du bien-être, incarnée par le modèle de Diener, définit le bien-être par la recherche du plaisir, l’évitement de la douleur et l’évaluation globale de la satisfaction de vie. L’approche eudémonique, héritée de la notion aristotélicienne d’eudaimonia et formalisée notamment par le modèle en six dimensions de Carol Ryff, définit au contraire le bien-être par le sens, la réalisation de son potentiel et le fonctionnement psychologique optimal, indépendamment du plaisir immédiat ressenti. Une revue de synthèse de Ryan et Deci publiée en 2001 dans Annual Review of Psychology montre que les deux approches, bien que conceptuellement distinctes, se recoupent partiellement une fois mesurées empiriquement, ce qui a nourri une critique méthodologique plus large sur la confusion possible entre des concepts proches désignés par des noms différents.Ryan, 2001 · Ryff, 2008
Cette notion décrit un fonctionnement possible, dont l’intensité et les effets varient selon la situation. La reconnaître suppose d’examiner ce qui la déclenche, la fonction qu’elle prend et ce qu’elle produit dans le temps, plutôt que de s’arrêter à une conduite isolée.Ryan, 2001 · Ryff, 2008
Comprendre
Mécanisme et fonction
Bien-être hédonique et bien-être eudémonique comporte une expérience subjective, des interprétations, des tendances à l’action et parfois des manifestations corporelles. Ces composantes ne varient pas toujours ensemble : ce qui est ressenti, montré et mis en mots peut différer.Ryff, 2008 · Diener, 1984 · van Zyl, 2023
Son caractère utile ou coûteux dépend moins de sa simple présence que de sa fréquence, de sa souplesse et de son ajustement au contexte. Un fonctionnement ponctuel peut soutenir l’adaptation ; le même fonctionnement, devenu automatique ou exclusif, peut réduire les possibilités de réponse.Ryff, 2008 · Diener, 1984 · van Zyl, 2023
Observer
Formes et variations
Les exemples rendent la notion plus concrète sans en faire une règle générale. Un même comportement peut remplir une autre fonction dans une autre situation.Ryff, 2008 · Diener, 1984 · van Zyl, 2023
- Terminer un marathon exigeant procure une satisfaction eudémonique liée à l’accomplissement, sensiblement différente du plaisir hédonique immédiat d’un bon repas.
- Un emploi peu plaisant au quotidien mais perçu comme porteur de sens peut soutenir un bien-être eudémonique élevé malgré un bien-être hédonique plus modeste.
Distinguer
Notions proches et limites
Bien-être hédonique et bien-être eudémonique est notamment rapproché de Bien-être subjectif et Modèle PERMA. Ces relations signalent des recouvrements possibles, pas des synonymes : deux notions peuvent produire des conduites semblables tout en différant par leur déclencheur, leur fonction ou leur temporalité.Diener, 1984 · van Zyl, 2023
La notion devient peu informative lorsqu’elle est utilisée comme une étiquette globale. Elle gagne au contraire en précision lorsqu’on peut décrire les situations où elle apparaît, les changements qui la modifient et les observations qui contrediraient l’hypothèse.Ryff, 2008 · Diener, 1984 · van Zyl, 2023
Références
- Diener, E. (1984). Subjective well-being. Psychological Bulletin, 95(3), 542-575.
- Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2001). On happiness and human potentials: A review of research on hedonic and eudaimonic well-being. Annual Review of Psychology, 52, 141-166.
- Ryff, C. D., & Singer, B. H. (2008). Know thyself and become what you are: A eudaimonic approach to psychological well-being. Journal of Happiness Studies, 9(1), 13-39.
- van Zyl, L. E., Gaffaney, J., van der Vaart, L., Dik, B. J., & Donaldson, S. I. (2023). The critiques and criticisms of positive psychology: A systematic review. The Journal of Positive Psychology, 19(2).
Dernière révision documentaire : septembre 2026.