Définition
Définition et périmètre
Le concept a été introduit en sciences sociales par William Graham Sumner au début du vingtième siècle, qui notait que la plupart des groupes humains considèrent spontanément leurs propres normes comme naturelles ou allant de soi, rendant l’ethnocentrisme davantage un biais cognitif ordinaire qu’une hostilité délibérée envers les autres cultures.Cialdini, 2004 · Fiske, 1992
Cette notion décrit un fonctionnement possible, dont l’intensité et les effets varient selon la situation. La reconnaître suppose d’examiner ce qui la déclenche, la fonction qu’elle prend et ce qu’elle produit dans le temps, plutôt que de s’arrêter à une conduite isolée.Cialdini, 2004 · Fiske, 1992
Comprendre
Contexte et dynamique sociale
Ethnocentrisme se construit dans une situation relationnelle : la présence d’autrui, les normes du groupe, les positions de chacun et l’interprétation du contexte modifient le phénomène. On ne peut donc pas l’expliquer uniquement par une disposition individuelle stable.Fiske, 1992 · Asch, 1956 · Tajfel, 1979
Son caractère utile ou coûteux dépend moins de sa simple présence que de sa fréquence, de sa souplesse et de son ajustement au contexte. Un fonctionnement ponctuel peut soutenir l’adaptation ; le même fonctionnement, devenu automatique ou exclusif, peut réduire les possibilités de réponse.Fiske, 1992 · Asch, 1956 · Tajfel, 1979
Observer
Formes et variations
Les exemples rendent la notion plus concrète sans en faire une règle générale. Un même comportement peut remplir une autre fonction dans une autre situation.Fiske, 1992 · Asch, 1956 · Tajfel, 1979
- Un chercheur interprète un rituel funéraire d’une autre culture comme « arriéré » en le comparant implicitement aux usages de son propre pays.
- Une entreprise conçoit un questionnaire de satisfaction client en assumant, sans le vérifier, que les catégories de réponse pertinentes dans son pays d’origine le sont partout ailleurs.
Distinguer
Notions proches et limites
Ethnocentrisme est notamment rapproché de Relativisme culturel. Ces relations signalent des recouvrements possibles, pas des synonymes : deux notions peuvent produire des conduites semblables tout en différant par leur déclencheur, leur fonction ou leur temporalité.Asch, 1956 · Tajfel, 1979
La notion devient peu informative lorsqu’elle est utilisée comme une étiquette globale. Elle gagne au contraire en précision lorsqu’on peut décrire les situations où elle apparaît, les changements qui la modifient et les observations qui contrediraient l’hypothèse.Fiske, 1992 · Asch, 1956 · Tajfel, 1979
Références
- Asch, S. E. (1956). Studies of independence and conformity: I. A minority of one against a unanimous majority. Psychological Monographs, 70(9), 1–70. https://doi.org/10.1037/h0093718
- Cialdini, R. B., & Goldstein, N. J. (2004). Social influence: Compliance and conformity. Annual Review of Psychology, 55, 591–621. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.55.090902.142015
- Fiske, A. P. (1992). The four elementary forms of sociality: Framework for a unified theory of social relations. Psychological Review, 99(4), 689–723. https://doi.org/10.1037/0033-295X.99.4.689
- Tajfel, H., & Turner, J. C. (1979). An integrative theory of intergroup conflict. In W. G. Austin & S. Worchel (Eds.), The social psychology of intergroup relations (pp. 33–47). Brooks/Cole.
Dernière révision documentaire : septembre 2026.