Définition

Définition et périmètre

Le concept ne correspond pas seulement à une attribution : il inclut généralement une pression relationnelle par laquelle l’autre est amené à éprouver ou adopter la position projetée. Les auteurs divergent sur les étapes nécessaires à sa définition.Ogden, 1979 · Goldstein, 1991

Identification projective s’inscrit dans l’ensemble « Relations d’objet ». Ce rattachement situe son niveau d’analyse sans le confondre avec toute la famille : ses critères, sa fonction ou son statut théorique doivent être examinés séparément.Ogden, 1979 · Goldstein, 1991

Cadre théorique

Place dans les modèles psychodynamiques

Identification projective appartient à un vocabulaire élaboré pour décrire des conflits, des défenses, des représentations de soi et d’autrui ou des répétitions relationnelles. Les écoles psychanalytiques et psychodynamiques n’en donnent pas toujours la même définition : préciser l’auteur ou le modèle évite de présenter une tradition plurielle comme une théorie unique.Goldstein, 1991 · Luborsky, 2006 · Cramer, 2000

Dans la pratique clinique, le concept ne vaut pas comme explication automatique. Il sert à organiser des observations répétées, à formuler une hypothèse révisable et à examiner ce que cette hypothèse permet — ou non — de comprendre du matériel clinique.Goldstein, 1991 · Luborsky, 2006 · Cramer, 2000

Observer

Formes et variations

Ces situations montrent comment la notion peut orienter une lecture. Elles restent des hypothèses parmi d’autres et prennent sens seulement à partir du contexte et des associations de la personne.Goldstein, 1991 · Luborsky, 2006 · Cramer, 2000

  • Une personne certaine d’être rejetée teste continuellement l’autre jusqu’à rendre la relation défensive et distante.
  • Un thérapeute ressent une impuissance répétitive dans une relation particulière ; cette réaction devient une donnée à examiner, pas une preuve sur le patient.
Goldstein, 1991 · Luborsky, 2006 · Cramer, 2000

Interpréter avec prudence

Indices, contexte et hypothèses concurrentes

Une lecture psychodynamique solide s’appuie sur plusieurs éléments convergents : récurrence d’un thème, contexte affectif, associations de la personne, évolution dans la relation et effets d’une interprétation. Un épisode isolé, une intuition du clinicien ou un symbole supposé universel ne suffisent pas.Luborsky, 2006 · Cramer, 2000 · Vaillant, 2011

La notion peut être mise en relation avec Relations d’objet, Projection, Identification et Contre-transfert. Ces rapprochements doivent rester comparatifs : ils permettent de demander quel modèle décrit le mieux la situation, plutôt que d’empiler plusieurs explications invérifiables.Luborsky, 2006 · Cramer, 2000 · Vaillant, 2011

État des connaissances

Portée et limites du concept

Le statut empirique de identification projective ne se confond pas avec son importance historique ou clinique. Certains aspects peuvent être étudiés indirectement, tandis que d’autres dépendent d’une construction théorique difficile à opérationnaliser. La fiche distingue donc la définition du concept, ses usages et le niveau de preuve disponible.Cramer, 2000 · Vaillant, 2011 · Shedler, 2010

Le terme ne doit pas servir à neutraliser un désaccord, attribuer une intention cachée avec certitude ou transformer une reconstruction en souvenir factuel. Une interprétation utile reste formulée au conditionnel, confrontée à d’autres hypothèses et abandonnée si elle n’éclaire pas l’expérience.Cramer, 2000 · Vaillant, 2011 · Shedler, 2010

Références

  1. Cramer, P. (2000). Defense mechanisms in psychology today: Further processes for adaptation. American Psychologist, 55(6), 637–646. https://doi.org/10.1037/0003-066X.55.6.637
  2. Goldstein, W. N. (1991). Clarification of projective identification. American Journal of Psychiatry, 148(2), 153–161. https://doi.org/10.1176/ajp.148.2.153
  3. Luborsky, L., & Barrett, M. S. (2006). The history and empirical status of key psychoanalytic concepts. Annual Review of Clinical Psychology, 2, 1–19. https://doi.org/10.1146/annurev.clinpsy.2.022305.095328
  4. Ogden, T. H. (1979). On projective identification. International Journal of Psychoanalysis, 60, 357–373. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/533737/
  5. Shedler, J. (2010). The efficacy of psychodynamic psychotherapy. American Psychologist, 65(2), 98–109. https://doi.org/10.1037/a0018378
  6. Vaillant, G. E. (2011). Involuntary coping mechanisms: A psychodynamic perspective. Dialogues in Clinical Neuroscience, 13(3), 366–370. https://doi.org/10.31887/DCNS.2011.13.2/gvaillant

Dernière révision documentaire : septembre 2026.