Définition

Définition et périmètre

Dans les modèles psychodynamiques, la projection attribue à une autre personne un affect, une intention ou une impulsion difficile à reconnaître comme sien. Une attribution erronée ne constitue toutefois pas automatiquement une projection.American Psychological Association · Luborsky, 2006

Projection s’inscrit dans l’ensemble « Mécanisme de défense ». Ce rattachement situe son niveau d’analyse sans le confondre avec toute la famille : ses critères, sa fonction ou son statut théorique doivent être examinés séparément.American Psychological Association · Luborsky, 2006

Cadre théorique

Place dans les modèles psychodynamiques

Projection appartient à un vocabulaire élaboré pour décrire des conflits, des défenses, des représentations de soi et d’autrui ou des répétitions relationnelles. Les écoles psychanalytiques et psychodynamiques n’en donnent pas toujours la même définition : préciser l’auteur ou le modèle évite de présenter une tradition plurielle comme une théorie unique.Luborsky, 2006 · Cramer, 2000 · Vaillant, 2011

Dans la pratique clinique, le concept ne vaut pas comme explication automatique. Il sert à organiser des observations répétées, à formuler une hypothèse révisable et à examiner ce que cette hypothèse permet — ou non — de comprendre du matériel clinique.Luborsky, 2006 · Cramer, 2000 · Vaillant, 2011

Observer

Formes et variations

Ces situations montrent comment la notion peut orienter une lecture. Elles restent des hypothèses parmi d’autres et prennent sens seulement à partir du contexte et des associations de la personne.Luborsky, 2006 · Cramer, 2000 · Vaillant, 2011

  • Se sentir très hostile envers un collègue tout en étant convaincu que lui seul cherche le conflit.
  • Attribuer avec certitude de la jalousie à autrui dans une situation où sa propre rivalité est difficile à admettre.
Luborsky, 2006 · Cramer, 2000 · Vaillant, 2011

Interpréter avec prudence

Indices, contexte et hypothèses concurrentes

Une lecture psychodynamique solide s’appuie sur plusieurs éléments convergents : récurrence d’un thème, contexte affectif, associations de la personne, évolution dans la relation et effets d’une interprétation. Un épisode isolé, une intuition du clinicien ou un symbole supposé universel ne suffisent pas.Cramer, 2000 · Vaillant, 2011 · Shedler, 2010

La notion peut être mise en relation avec Honte et Présentation de soi. Ces rapprochements doivent rester comparatifs : ils permettent de demander quel modèle décrit le mieux la situation, plutôt que d’empiler plusieurs explications invérifiables.Cramer, 2000 · Vaillant, 2011 · Shedler, 2010

État des connaissances

Portée et limites du concept

Le statut empirique de projection ne se confond pas avec son importance historique ou clinique. Certains aspects peuvent être étudiés indirectement, tandis que d’autres dépendent d’une construction théorique difficile à opérationnaliser. La fiche distingue donc la définition du concept, ses usages et le niveau de preuve disponible.Cramer, 2000 · Vaillant, 2011 · Shedler, 2010

Le terme ne doit pas servir à neutraliser un désaccord, attribuer une intention cachée avec certitude ou transformer une reconstruction en souvenir factuel. Une interprétation utile reste formulée au conditionnel, confrontée à d’autres hypothèses et abandonnée si elle n’éclaire pas l’expérience.Cramer, 2000 · Vaillant, 2011 · Shedler, 2010

Références

  1. American Psychological Association. (n.d.). Projection. In APA dictionary of psychology. Retrieved August 30, 2026, from https://dictionary.apa.org/projection
  2. Cramer, P. (2000). Defense mechanisms in psychology today: Further processes for adaptation. American Psychologist, 55(6), 637–646. https://doi.org/10.1037/0003-066X.55.6.637
  3. Luborsky, L., & Barrett, M. S. (2006). The history and empirical status of key psychoanalytic concepts. Annual Review of Clinical Psychology, 2, 1–19. https://doi.org/10.1146/annurev.clinpsy.2.022305.095328
  4. Shedler, J. (2010). The efficacy of psychodynamic psychotherapy. American Psychologist, 65(2), 98–109. https://doi.org/10.1037/a0018378
  5. Vaillant, G. E. (2011). Involuntary coping mechanisms: A psychodynamic perspective. Dialogues in Clinical Neuroscience, 13(3), 366–370. https://doi.org/10.31887/DCNS.2011.13.2/gvaillant

Dernière révision documentaire : septembre 2026.