Définition

Définition et périmètre

Le diagnostic ne repose pas sur la tristesse seule : il considère une constellation de manifestations, leur durée, leur changement par rapport au fonctionnement habituel, leur retentissement et les diagnostics différentiels. Une évaluation recherche aussi les idées suicidaires et d’éventuels antécédents maniaques.American Psychological Association · Driessen, 2015

Trouble dépressif sert ici de catégorie générale. Elle rassemble notamment Trouble dépressif récurrent et Trouble dépressif persistant. Ces sous-notions partagent un domaine, mais elles ne sont ni interchangeables ni nécessairement présentes ensemble.American Psychological Association · Driessen, 2015

Approche psychodynamique

Formulation psychodynamique complémentaire

Pour trouble dépressif, le diagnostic décrit un tableau reconnaissable ; il ne décrit pas à lui seul la manière singulière dont la personne organise son expérience. Le PDM-3 propose de compléter les symptômes par le fonctionnement mental, l’organisation de la personnalité, l’expérience subjective, le contexte développemental et culturel, ainsi que les forces disponibles.Lingiardi, 2026

La formulation examine la manière dont pertes, séparations, agressivité, culpabilité, idéal du moi et estime de soi s’articulent à l’épisode thymique. Certains modèles distinguent par exemple une organisation centrée sur la dépendance relationnelle d’une organisation centrée sur l’autocritique et l’échec. Ces axes décrivent des fonctionnements possibles et ne sont jamais déduits automatiquement du diagnostic.Lingiardi, 2026 · Fonagy, 2015

Cette lecture reste une formulation clinique à construire avec la personne. Elle exige des observations répétées et des hypothèses concurrentes : le même symptôme peut prendre plusieurs fonctions, et une interprétation ne devient pas vraie parce qu’elle utilise le vocabulaire de l’inconscient, des défenses ou du transfert.Lingiardi, 2026 · Fonagy, 2015

Les psychothérapies psychodynamiques brèves disposent d’un corpus substantiel pour la dépression. Les données sont beaucoup moins établies pour les épisodes maniaques et les troubles bipolaires, où cette lecture peut compléter la compréhension subjective mais ne remplace ni la surveillance de l’humeur ni les traitements recommandés.Driessen, 2015 · Lingiardi, 2026 · Fonagy, 2015

Au-delà de la tristesse

Manifestations et temporalité

Un épisode dépressif peut associer humeur dépressive, perte d’intérêt ou de plaisir, modifications du sommeil et de l’appétit, ralentissement ou agitation, fatigue, difficultés cognitives et idées de dévalorisation. Toutes les personnes ne présentent pas le même profil et la souffrance peut être décrite autrement qu’en termes de tristesse.Driessen, 2015 · World Health Organization, 2024 · Organisation mondiale de la Santé, 2026

La sévérité dépend de l’intensité, du nombre de domaines touchés et du retentissement. L’évaluation recherche aussi des antécédents maniaques ou hypomaniaques, des substances, des causes médicales, un deuil et le risque suicidaire, car ces éléments modifient l’interprétation et la prise en charge.Driessen, 2015 · World Health Organization, 2024 · Organisation mondiale de la Santé, 2026

Observer

Manifestations possibles

Les exemples suivants illustrent des éléments possibles du tableau. Ils ne reproduisent pas des critères complets et ne permettent pas, à eux seuls, d’identifier un diagnostic.Driessen, 2015 · World Health Organization, 2024 · Organisation mondiale de la Santé, 2026

  • Pendant plusieurs semaines, une personne ne ressent presque plus de plaisir, dort mal, se sent ralentie et ne parvient plus à travailler.
  • Une irritabilité persistante, une fatigue et une culpabilité peuvent faire partie du tableau même si la tristesse est peu verbalisée.
Driessen, 2015 · World Health Organization, 2024 · Organisation mondiale de la Santé, 2026

Évaluation clinique

Ce que regroupe cette famille

Cette famille regroupe des tableaux qui peuvent partager certaines manifestations tout en différant par leur organisation, leur durée ou leurs critères d’exclusion. L’évaluation commence donc par décrire le phénomène avant de déterminer à quelle sous-catégorie il correspond.Driessen, 2015 · World Health Organization, 2024 · Organisation mondiale de la Santé, 2026

  • La nature, l’intensité et la combinaison des manifestations rapportées ou observées.
  • Le début, la durée, la fréquence et les changements au cours du temps.
  • Le retentissement sur la vie quotidienne, les relations, les études, le travail ou la santé.
  • Les autres hypothèses cliniques, médicales, développementales ou liées au contexte.
Driessen, 2015 · World Health Organization, 2024 · Organisation mondiale de la Santé, 2026

Distinguer

Chevauchements et diagnostic différentiel

Des recouvrements existent notamment avec Symptôme, Retentissement fonctionnel, Comorbidité et Trouble bipolaire. Une ressemblance partielle ne permet pas de trancher : la chronologie, les manifestations absentes, les conditions d’apparition et le fonctionnement entre les épisodes peuvent modifier l’hypothèse.World Health Organization, 2024 · Organisation mondiale de la Santé, 2026 · American Psychiatric Association, 2022

Les comorbidités sont fréquentes et peuvent modifier la présentation. L’évaluation doit aussi rechercher les urgences somatiques ou psychiatriques et les situations où une intervention rapide est nécessaire, sans présumer que toute souffrance relève de ce diagnostic.World Health Organization, 2024 · Organisation mondiale de la Santé, 2026 · American Psychiatric Association, 2022

Dans le temps

Évolution et accompagnement

L’évolution varie selon le trouble précis, sa sévérité, les difficultés associées, le contexte de vie et l’accès aux soins. Le nom de la famille ne permet donc pas, à lui seul, d’anticiper un pronostic.Lingiardi, 2026 · Fonagy, 2015 · Leichsenring, 2023

La prise en charge repose sur une formulation individualisée et peut associer information, interventions psychologiques, aménagements sociaux ou éducatifs et traitements médicaux selon le trouble et les recommandations. Une description générale informe sur les options possibles ; elle ne remplace pas une décision partagée avec un professionnel.Lingiardi, 2026 · Fonagy, 2015 · Leichsenring, 2023

Classification

Frontières et limites de la catégorie

Les classifications CIM et DSM sont des outils de description et de communication. Leurs critères peuvent différer et évoluer ; ils n’expliquent pas à eux seuls les causes du trouble. Les approches dimensionnelles complètent souvent les catégories en décrivant la sévérité et les domaines de fonctionnement concernés.Lingiardi, 2026 · Fonagy, 2015 · Leichsenring, 2023

Employer le diagnostic avec précision implique enfin de séparer la catégorie clinique de la personne. Le vocabulaire sert à rendre un tableau compréhensible et à orienter les soins, non à réduire une histoire, des capacités ou une identité à un nom de trouble.Lingiardi, 2026 · Fonagy, 2015 · Leichsenring, 2023

Références

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  8. Reed, G. M., First, M. B., Kogan, C. S., Hyman, S. E., Gureje, O., Gaebel, W., Maj, M., Stein, D. J., Maercker, A., Tyrer, P., Claudino, A., Garralda, E., Salvador-Carulla, L., Ray, R., Saunders, J. B., Dua, T., Poznyak, V., Medina-Mora, M. E., Pike, K. M., ... Saxena, S. (2019). Innovations and changes in the ICD-11 classification of mental, behavioural and neurodevelopmental disorders. World Psychiatry, 18(1), 3–19. https://doi.org/10.1002/wps.20611
  9. World Health Organization. (2024). Clinical descriptions and diagnostic requirements for ICD-11 mental, behavioural and neurodevelopmental disorders. https://www.who.int/publications/i/item/9789240077263

Dernière révision documentaire : septembre 2026.