Définition

La découverte de la différence des sexes

Le stade phallique désigne, chez Freud, la période s’étendant approximativement de trois à six ans, durant laquelle l’enfant, selon la théorie, découvrirait les différences anatomiques entre les sexes et centrerait son intérêt pulsionnel sur les organes génitaux, non encore matures au sens de la sexualité adulte mais déjà investis d’une valeur symbolique forte. C’est durant ce stade que se développerait, selon Freud, le complexe d’Œdipe, un désir pour le parent de sexe opposé accompagné d’une rivalité hostile envers l’autre parent.

Ce stade occupe une position charnière dans le modèle : sa résolution, par identification au parent du même sexe et intériorisation d’un interdit, contribuerait selon la théorie à la formation du surmoi, l’instance normative de la seconde topique introduite en 1923. Le complexe d’Œdipe, au cœur de ce stade, constitue un concept suffisamment central et suffisamment discuté pour mériter une fiche autonome à laquelle on pourra se reporter pour un traitement complet de ses enjeux, de ses critiques et de la relecture qu’en propose Lacan.

Clinique

Fixation phallique et lecture du « caractère phallique-narcissique »

Un profil centré sur l’exhibition et la compétition

Une fixation au stade phallique serait censée se traduire par un caractère parfois qualifié de phallique-narcissique : besoin marqué d’admiration, tendance à l’exhibition, difficulté à tolérer l’autorité ou la comparaison défavorable, recherche de la conquête plus que de l’attachement stable. Cette description recoupe partiellement, dans le vocabulaire clinique contemporain, certains traits aujourd’hui rattachés au registre narcissique, sans que la filiation théorique entre les deux descriptions implique une même validité empirique.

Comme pour les autres stades, ce rapprochement entre un enjeu développemental précoce et un profil de personnalité adulte relève d’une reconstruction théorique qui n’a pas été confirmée par une recherche développementale indépendante de la théorie freudienne elle-même.

Prudence

Ce que ce stade ne permet pas de conclure

L’observation d’un enfant manifestant une curiosité pour les différences corporelles entre garçons et filles, ou un attachement affectif intense pour l’un de ses parents, ne constitue pas en soi la preuve clinique d’un « complexe » au sens fort du terme, et encore moins un signe pathologique. Ces comportements, très répandus, doivent être resitués dans leur contexte relationnel et développemental plutôt qu’interprétés systématiquement à travers la grille œdipienne.

Références

  1. Fisher, S., & Greenberg, R. P. (1996). Freud Scientifically Reappraised: Testing the Theories and Therapy. John Wiley & Sons.
  2. Freud, S. (1905). Trois essais sur la théorie de la sexualité (Standard Edition, Vol. 7). Franz Deuticke.
  3. Luborsky, L., & Barrett, M. S. (2006). The history and empirical status of key psychoanalytic concepts. Annual Review of Clinical Psychology, 2, 1–19. https://doi.org/10.1146/annurev.clinpsy.2.022305.095328

Dernière révision documentaire : septembre 2026.