Psychotraumatisme : de l’événement au trouble.
Deux personnes vivent le même événement grave. L’une retrouve en quelques semaines un fonctionnement proche de celui d’avant ; l’autre revit la scène des mois plus tard, évite tout ce qui la rappelle et n’arrive plus à se sentir en sécurité. Le mot « trauma » sert à désigner l’événement, le vécu, les symptômes et le trouble, alors que ce sont quatre choses différentes, dont aucune n’implique automatiquement les autres.
C’est le fil de ce dossier : ce qu’une classification appelle événement traumatique et ce qu’elle appelle trouble, d’où vient la catégorie, comment les personnes évoluent, ce qui rend certaines plus vulnérables, comment les symptômes se maintiennent, comment on les évalue, et ce que les traitements et les controverses laissent, aujourd’hui, de solide et d’incertain. Ce dossier traite de réactions à des événements potentiellement traumatiques sans décrire ces événements de façon détaillée. Il apporte des connaissances générales et ne remplace ni une évaluation ni un soin.
Sommaire du dossier
Cadrage
Un événement, pas un diagnostic
Le mot « trauma » circule entre quatre réalités différentes : ce qui s’est passé, ce que la personne en a vécu, ce qui persiste ensuite et ce qui relève d’un trouble. Les confondre est la source de la plupart des malentendus sur le sujet.
Quatre niveaux qu’on ne doit pas confondre Distinction clinique
Le premier niveau est l’événement lui-même : un accident, une agression, une catastrophe, une violence subie ou dont on est témoin, une confrontation à la mort ou à une menace grave. On parle d’événement potentiellement traumatique, parce que rien dans l’événement ne garantit à lui seul ce qu’il produira chez une personne donnée. Le deuxième niveau est l’expérience : ce que la personne a perçu, ressenti et compris pendant et après ce qui est arrivé, et qui dépend de son âge, de sa situation, de la possibilité d’agir ou de fuir, de la présence d’autrui. Le troisième niveau regroupe les symptômes post-traumatiques : souvenirs qui s’imposent, évitement, sursauts, sommeil perturbé. Beaucoup de personnes en présentent dans les jours et les semaines qui suivent, et la plupart voient ces manifestations s’atténuer. Le quatrième niveau est le trouble : un ensemble de symptômes qui persiste, atteint un seuil défini par une classification et entraîne une détresse ou un retentissement significatifs.
Présentation simplifiée
De l’événement au trouble : quatre niveaux
- Événement potentiellement traumatique
- Expérience vécue
- Symptômes post-traumatiques
- Trouble
Chaque passage d’un niveau au suivant est une question empirique, pas une évidence. Un événement potentiellement traumatique ne produit pas toujours une expérience traumatique, une expérience traumatique ne produit pas toujours des symptômes durables, et des symptômes ne constituent un trouble que sous certaines conditions. Le reste du dossier consiste largement à comprendre ce qui joue à chacun de ces passages.
Ce que « exposé à un événement » veut dire dans les classifications Critères diagnostiques
Le DSM-5-TR et la CIM-11 exigent tous deux, pour parler de trouble de stress post-traumatique (TSPT), une exposition à un événement d’une gravité particulière. Le DSM-5-TR la définit comme une exposition à la mort effective ou à une menace de mort, à une blessure grave ou à des violences sexuelles, qu’on l’ait vécue directement, qu’on en ait été témoin, qu’on ait appris qu’elle est arrivée à un proche, ou qu’on soit exposé de façon répétée à ses détails les plus crus, comme certains professionnels. La CIM-11 parle d’un événement ou d’une série d’événements extrêmement menaçants ou horrifiants.
Cette exposition est une condition d’entrée, pas une explication : elle dit dans quel cadre le diagnostic peut être posé, pas pourquoi il l’est chez telle personne et pas chez telle autre. Les classifications ne prétendent pas non plus qu’un événement plus grave produit toujours un trouble plus grave, ni que ce qui ne remplit pas leur définition de l’événement ne peut pas faire souffrir.
La majorité des personnes exposées ne développent pas de trouble Enquêtes en population
Dans les enquêtes en population menées dans une vingtaine de pays, plus de 70 % des adultes déclarent avoir vécu au moins un événement potentiellement traumatique au cours de leur vie. Seule une petite fraction des personnes exposées développe ensuite un TSPT, et cette proportion varie fortement selon la nature de l’événement : elle est la plus élevée après des violences interpersonnelles, notamment sexuelles, et plus faible après la plupart des accidents ou des catastrophes.
Cette asymétrie fonde la question du dossier. Si l’événement suffisait, tous les exposés seraient atteints ; s’il ne comptait pas, les taux ne varieraient pas selon son type. Les données indiquent que l’événement, ses circonstances, la personne et ce qui se passe ensuite se combinent, sans qu’aucun de ces éléments ne soit à lui seul l’explication.
Pourquoi plusieurs systèmes découpent le champ différemment Bien étayé, complexe
Le psychotraumatisme n’est pas un objet aux frontières données d’avance : il est décrit à travers des catégories construites par des classifications qui ne se recouvrent pas exactement. Le DSM-5-TR décrit le TSPT autour de quatre ensembles de symptômes, la CIM-11 autour de trois, plus resserrés, et elle reconnaît en outre un TSPT complexe que le DSM ne retient pas. Deux systèmes peuvent donc décrire le même vécu avec des catégories qui n’incluent pas les mêmes personnes.
Ce point est important dès le cadrage : parler de « taux de trauma » ou de « prévalence du TSPT » suppose toujours de dire quelle définition on utilise. Les sections consacrées à l’évaluation et au TSPT complexe y reviennent en détail.
Histoire
Une catégorie qui a une histoire
Le TSPT n’est pas la découverte progressive d’une réalité toujours identique : c’est une catégorie construite à un moment précis, par des médecins, des armées, des tribunaux et des mouvements sociaux qui n’avaient pas les mêmes questions.
Des névroses traumatiques au choc des obus Repère historique
Au XIXe siècle, les médecins décrivent des troubles durables après des accidents de chemin de fer : d’abord attribués à des lésions de la moelle épinière (la « colonne vertébrale du chemin de fer »), ils sont ensuite rattachés à une « névrose traumatique ». Ce terme, popularisé à la fin des années 1880 par le neurologue allemand Hermann Oppenheim, distinguait ce tableau de l’hystérie que Charcot invoquait pour les mêmes cas. La question qui traverse ces débats est déjà celle de la cause : lésion ou modification organique, fragilité individuelle, ou effet psychique de l’événement, avec des enjeux d’indemnisation évidents.
Repères
Quelques étapes de la catégorie
- 1866
Chemin de fer et système nerveux
Erichsen décrit des troubles durables après des accidents de train, attribués à des lésions. - 1889
La « névrose traumatique »
Oppenheim individualise ce tableau et défend une origine mêlant choc, effroi et modifications du système nerveux, contre sa réduction à l’hystérie. - 1915
Le « shell shock »
Le terme s’installe dans la médecine militaire britannique ; sa cause, physique ou psychique, est débattue. - 1980
Le TSPT dans le DSM-III
La catégorie entre dans la classification américaine, après plusieurs années de plaidoyer. - 1994 et 2013
Le critère de l’événement se transforme
Le DSM-IV élargit puis le DSM-5 resserre la définition de l’événement et de la réaction exigée. - 2019
La CIM-11
Adoptée par l’OMS, elle décrit un TSPT resserré et un TSPT complexe distinct, en vigueur depuis 2022.
La Première Guerre mondiale rend la question massive. Le terme « shell shock », mis en circulation dans la littérature médicale britannique en 1915, suppose d’abord un effet physique de l’explosion, avant que l’explication psychique ne s’impose pour de nombreux cas. Les mêmes hommes sont tantôt soignés, tantôt suspectés de simulation ou de faiblesse morale, selon les armées, les périodes et les fonctions de l’institution qui les examine.
Le DSM-III : une catégorie née d’un contexte Histoire des idées
Le TSPT entre dans le DSM-III en 1980. Les travaux d’historiens et d’anthropologues, notamment ceux d’Allan Young, montrent que cette entrée résulte de la convergence de plusieurs facteurs : la situation des vétérans de la guerre du Vietnam et le plaidoyer de psychiatres qui les soutenaient, la volonté de fonder une catégorie sur un événement extérieur plutôt que sur une fragilité supposée de la personne, et une place croissante donnée aux victimes de violences dans l’espace public, notamment celles des violences sexuelles et domestiques mises en lumière par les mouvements féministes.
Cette histoire ne dit pas que le trouble est une invention, ni qu’il aurait toujours existé sous la même forme. Elle dit qu’une catégorie médicale porte les questions de son temps : ce qu’on juge indemnisable, ce qu’on attribue à la personne ou à l’événement, ce qu’une société accepte de reconnaître comme souffrance légitime. Didier Fassin et Richard Rechtman parlent, à propos de la période contemporaine, d’un « empire du traumatisme » où la figure de la victime a acquis un statut moral et institutionnel nouveau.
Une frontière qui a bougé plusieurs fois Bien étayé, complexe
Le DSM-III exigeait un événement hors du commun, susceptible de provoquer une détresse chez presque tout le monde. Le DSM-IV (1994) a élargi la liste des événements admis, en y incluant le fait d’être témoin ou d’apprendre l’événement, et ajouté l’exigence d’une réaction subjective de peur, d’impuissance ou d’horreur. Le DSM-5 (2013) a supprimé cette exigence, jugée peu prédictive, tout en précisant les types d’exposition acceptés et en ajoutant un ensemble de symptômes portant sur les cognitions et l’humeur.
Ces changements ne sont pas de simples réglages techniques : chacun déplace les personnes qui entrent dans la catégorie. Des travaux ont interrogé la capacité du critère de l’événement à distinguer les situations qui produisent des symptômes de celles qui n’en produisent pas (Breslau et Kessler, 2001), et des cliniciens comme McNally (2009) ont alerté sur le risque d’une extension continue de la définition. Cette histoire n’est donc pas une simple succession de noms pour une même réalité : les débats sur la cause, la preuve et la légitimité d’une réponse traumatique se sont déplacés avec les institutions qui les portaient.
Manifestations
Ce que le trouble regroupe
Le DSM-5-TR décrit le TSPT autour de quatre ensembles de symptômes. Ce ne sont pas des signes isolés : ils s’entretiennent mutuellement, et aucun n’est spécifique du trouble pris seul.
Intrusions : quand le passé s’impose au présent Critères diagnostiques
Le premier ensemble regroupe les manifestations par lesquelles l’événement revient sans avoir été sollicité : souvenirs intrusifs, cauchemars, flashbacks (sensation de revivre la scène comme si elle se produisait maintenant), détresse ou réactions physiologiques marquées face à ce qui la rappelle. Ce qui distingue ces intrusions d’un souvenir ordinaire n’est pas leur contenu mais leur mode de survenue : elles s’imposent, sont difficiles à interrompre et, dans certaines formes, notamment les flashbacks, peuvent s’accompagner d’un sentiment de présent.
La CIM-11 est plus restrictive : elle exige une re-expérience « dans le présent », accompagnée d’émotions fortes comme la peur ou l’horreur, alors que le DSM-5-TR inclut aussi des souvenirs involontaires, récurrents et pénibles, sans sentiment que la scène se reproduit. Cette précision est importante en clinique, parce qu’un souvenir douloureux, même très présent, n’est pas en soi une intrusion au sens du trouble.
Évitement, cognitions négatives, hyperactivation Critères diagnostiques
L’évitement désigne l’effort pour ne pas penser à l’événement, ne pas en parler, ne pas rencontrer ce qui le rappelle (lieux, personnes, situations). Il est souvent efficace à court terme, ce qui explique sa persistance, et sa place dans le maintien du trouble sera discutée plus loin. Le troisième ensemble, propre au DSM, regroupe des altérations des pensées et de l’humeur : croyances très négatives sur soi ou le monde, culpabilité, honte, perte d’intérêt, sentiment de détachement, difficulté à ressentir des émotions positives, et parfois un trou de mémoire sur un aspect important de l’événement.
Le quatrième ensemble décrit une activation excessive : irritabilité, hypervigilance, réactions de sursaut exagérées, troubles du sommeil et de la concentration, comportements imprudents. La CIM-11 reprend cette idée sous la forme d’un sentiment persistant de menace actuelle. Pour parler de trouble, le DSM-5-TR exige que les symptômes durent plus d’un mois et entraînent une détresse ou un retentissement significatifs ; avant un mois, on parle d’état de stress aigu lorsque les critères sont réunis.
Dissociation : un spécificateur et un symptôme, pas un cluster Bien étayé, complexe
La dissociation ne forme pas un cinquième ensemble de symptômes du TSPT. Elle apparaît de deux façons distinctes dans le DSM-5-TR. D’une part, comme un symptôme parmi d’autres : l’amnésie portant sur un aspect important de l’événement, généralement attribuée à une amnésie dissociative plutôt qu’à une lésion cérébrale ou à l’alcool. D’autre part, comme un spécificateur, « avec symptômes dissociatifs », qui s’applique quand des épisodes de dépersonnalisation (se sentir détaché de soi, comme spectateur) ou de déréalisation (sentir le monde comme irréel) accompagnent le tableau.
Ce sous-groupe existe : dans une grande enquête internationale, environ une personne sur sept présentant un TSPT rapportait ces symptômes dissociatifs. Des travaux de neuro-imagerie suggèrent, avec des réserves, que la régulation émotionnelle y serait organisée différemment (Lanius et al., 2010). Mais ni la fréquence exacte, ni les mécanismes, ni la relation avec les troubles dissociatifs décrits séparément dans les classifications ne sont tranchés : ce sous-groupe reste donc une piste bien étayée, mais incomplète.
Trajectoires
Des trajectoires, pas un destin
L’un des résultats les plus robustes du domaine est aussi l’un des moins connus : après un événement potentiellement traumatique, la trajectoire la plus fréquente n’est pas le trouble.
Quatre grandes trajectoires Études longitudinales
Les études qui suivent des personnes dans le temps, avec plusieurs mesures après l’événement, mettent en évidence des trajectoires distinctes, décrites notamment par George Bonanno : une résilience, où les symptômes restent faibles ou transitoires, un rétablissement, où les symptômes sont d’abord élevés puis diminuent, une évolution chronique, où ils restent élevés, et une évolution retardée, où ils augmentent plus tardivement. Dans une revue statistique de 54 études portant sur des événements de nature très variée, la trajectoire de résilience est de loin la plus fréquente (de l’ordre des deux tiers des personnes), suivie du rétablissement (environ un cinquième), les formes chroniques et retardées concernant chacune environ un dixième des personnes (Galatzer-Levy et al., 2018).
Présentation simplifiée
Quatre trajectoires après un événement potentiellement traumatique
| Trajectoire | Ce que la mesure montre | Place approximative |
|---|---|---|
| Résilience | Symptômes faibles ou brefs, fonctionnement peu altéré | La plus fréquente (environ deux tiers) |
| Rétablissement | Symptômes élevés au départ, puis diminution progressive | Environ un cinquième |
| Évolution chronique | Symptômes élevés qui persistent | Environ un dixième |
| Évolution retardée | Symptômes faibles puis élévation plus tardive | Environ un dixième |
Ces proportions sont des moyennes calculées à travers des études dont toutes ne retrouvaient pas les quatre trajectoires : elles ne forment pas une répartition unique qui totaliserait 100 %. Elles varient selon le type d’événement, la population et la manière de mesurer, et elles ne doivent pas être lues comme des probabilités individuelles. Elles suffisent en revanche à écarter deux idées opposées : celle que tout événement grave laisse une trace durable, et celle que persister serait un signe de faiblesse.
Le début différé : moins fréquent qu’on ne le croit Bien étayé, complexe
Le DSM-5-TR prévoit un spécificateur « avec expression retardée » lorsque les critères complets ne sont réunis que six mois ou plus après l’événement. Les revues systématiques montrent cependant que ce tableau correspond le plus souvent à l’aggravation de symptômes déjà présents mais sous le seuil diagnostique, plutôt qu’à l’apparition soudaine d’un trouble chez une personne jusque-là indemne (Andrews et al., 2007).
Cette nuance a une portée pratique : elle invite à ne pas attendre passivement quand des symptômes persistent en dessous du seuil, et à ne pas supposer non plus qu’une personne apparemment épargnée dans les premiers mois est « en train de refouler » quelque chose qui reviendra forcément.
Enfants, adolescents, âge avancé Données inégales
Chez les enfants et les adolescents exposés à un événement potentiellement traumatique, une méta-analyse estime la fréquence du TSPT à environ 16 %, avec des taux plus élevés après des violences interpersonnelles qu’après des accidents non intentionnels (Alisic et al., 2014). Les manifestations changent avec l’âge : chez les plus jeunes, les intrusions passent souvent par le jeu répétitif ou des cauchemars dont le contenu n’est pas toujours lié à l’événement, ce qui a conduit le DSM à prévoir une forme adaptée pour les enfants de six ans et moins.
À l’autre extrémité de la vie, les données sont moins nombreuses. Des événements très anciens peuvent réactiver des symptômes lors de pertes, de maladies ou de l’entrée en institution, mais le vieillissement des personnes traumatisées reste un champ de recherche plus jeune, et les conclusions générales y sont prématurées.
Vulnérabilité et protection
Pourquoi certaines personnes développent un trouble
Cette section répond à une question précise : qu’est-ce qui, avant, pendant et après l’événement, est associé au fait de développer un trouble ? Il ne s’agit pas de savoir comment les symptômes se maintiennent : c’est l’objet de la section suivante.
Une distinction analytique, pas deux causes indépendantes Bien étayé, complexe
Le champ distingue habituellement les facteurs de risque et de protection (qui prédisent qui développera un trouble) des mécanismes de maintien (qui expliquent comment les symptômes persistent). Cette séparation est utile pour organiser la littérature, mais elle est plus nette sur le papier que dans les faits : un même processus, comme la dissociation au moment de l’événement, est à la fois un prédicteur statistique et un candidat mécanisme.
Les facteurs de risque étudiés sont par ailleurs des associations. Ils orientent la prévention et le repérage, sans permettre de prédire ce qui arrivera à une personne donnée : leurs effets individuels sont en général modestes, et ils se combinent.
Avant, pendant, après : ce que les méta-analyses retiennent Méta-analyses
Une méta-analyse de référence chez l’adulte (Brewin, Andrews et Valentine, 2000) a montré que des facteurs présents avant l’événement, comme des antécédents psychiatriques, des adversités dans l’enfance ou un niveau d’éducation plus faible, ont des effets réels mais modestes et variables d’une étude à l’autre. Les facteurs liés à l’événement et à ce qui suit (sa gravité, le manque de soutien social, les autres difficultés de vie après l’événement) ont des effets en moyenne plus importants. Une autre méta-analyse (Ozer et al., 2003) place parmi les meilleurs prédicteurs la dissociation au moment de l’événement, la menace perçue pour sa vie et le manque de soutien.
Chez l’enfant et l’adolescent, une méta-analyse (Trickey et al., 2012) retrouve la place du soutien social, des autres adversités, de la peur ressentie au moment de l’événement et de troubles psychologiques préexistants. La lecture de ces résultats demande de la prudence : beaucoup de facteurs sont mesurés après coup et peuvent être influencés par le trouble lui-même.
Type d’exposition, répétition et proximité de l’auteur Enquêtes en population
Le type d’événement compte, et de façon systématique. Dans les enquêtes en population, le risque de TSPT est le plus élevé après des violences interpersonnelles, en particulier sexuelles, et plus faible après la plupart des accidents et des catastrophes (Kessler et al., 2017). Plusieurs caractéristiques distinguent ces situations : l’intentionnalité de l’auteur, la répétition, le jeune âge de la personne au moment des faits, la proximité avec l’auteur, l’impossibilité de fuir ou de trouver de l’aide.
Ces éléments ne s’additionnent pas mécaniquement, et le dossier ne les traite pas comme des mini-sujets autonomes. Mais ils rappellent qu’une explication qui resterait abstraite, comme si tous les événements se valaient, laisserait échapper une part importante de ce qui différencie les trajectoires.
Soutien social, contexte et génétique : des associations, pas des sentences Modèle plausible
Le soutien social perçu après l’événement figure parmi les prédicteurs les plus constants, sans que l’on sache toujours dans quel sens s’exerce la relation : un bon soutien protège-t-il, ou les personnes moins symptomatiques reçoivent-elles plus de soutien ? Les études familiales et génomiques indiquent aussi une composante héritable et une architecture hautement polygénique (Pitman et al., 2012). De grandes études d’association pangénomique ont désormais identifié de nombreux loci associés au risque, 95 dans une étude de 2024 portant sur plus d’un million de personnes (Nievergelt et al., 2024), sans qu’aucun ne permette de prédire individuellement l’apparition d’un TSPT : chaque effet est petit.
Certaines observations neurobiologiques ont été relues à la lumière de cette question. Une étude de jumeaux a montré que le volume de l’hippocampe du jumeau non exposé prédisait la gravité du trouble chez son frère exposé au combat, ce qui suggère qu’une petite taille de cette région pourrait être un facteur de vulnérabilité antérieur plutôt qu’une seule conséquence du trouble (Gilbertson et al., 2002). Ce résultat est instructif, mais isolé : il ne fait pas de l’hippocampe un test de risque individuel.
Mécanismes
Comment les symptômes se maintiennent
Plusieurs modèles cherchent à expliquer pourquoi, chez certaines personnes, une réponse initiale normale ne s’éteint pas. Ils décrivent des processus qui se combinent, et aucun n’est à lui seul l’explication.
Menace, apprentissage et généralisation Modèle plausible
Le modèle le plus ancien décrit le trouble en termes d’apprentissage de la peur. Pendant l’événement, des indices neutres (un lieu, une odeur, un bruit) sont associés à la menace ; ensuite, ces indices suffisent à déclencher la peur, et l’évitement de ces indices est renforcé parce qu’il soulage à court terme. Dans cette lecture, la guérison suppose que l’association soit remise en question par de nouveaux apprentissages, ce que la recherche sur l’extinction de la peur a beaucoup étudié (Foa et Kozak, 1986 ; Milad et Quirk, 2012).
Un prolongement important concerne la généralisation : chez des personnes anxieuses, la peur se déclenche pour des indices de plus en plus éloignés de la situation d’origine, et la discrimination entre indices dangereux et indices sûrs paraît altérée (Dunsmoor et Paz, 2015). Ce cadre explique bien pourquoi l’évitement entretient le trouble et pourquoi l’exposition aide. Il explique moins bien les aspects du tableau qui ne relèvent pas d’une peur conditionnée : culpabilité, honte, perte de sens.
Mémoire et contextualisation Modèle plausible
Les modèles cognitifs ajoutent que le souvenir de l’événement n’est pas intégré comme un souvenir ordinaire. Dans le modèle d’Ehlers et Clark (2000), le sentiment persistant de menace actuelle vient de deux processus : des interprétations très négatives de l’événement et de ses suites (« je suis foutu », « personne ne peut m’aider »), et une mémoire mal située dans le temps et le contexte, qui reste liée à des sensations et à des émotions vives plutôt qu’à un récit organisé. Le modèle de Brewin propose une distinction voisine entre des représentations sensorielles et des représentations contextuelles du souvenir (Brewin et al., 1996 ; Brewin et al., 2010).
Ces modèles reposent sur des données, mais leurs hypothèses les plus fortes restent discutées. En particulier, l’idée que les souvenirs traumatiques seraient typiquement fragmentés ou spécifiquement différents des autres souvenirs est contestée : Rubin, Berntsen et Bohni (2008) montrent que beaucoup de souvenirs de ces événements sont au contraire très accessibles et centraux dans l’histoire de la personne, et McNally (2003) rappelle que le cas typique n’est pas l’oubli, mais un souvenir qu’on ne parvient pas à oublier.
Régulation émotionnelle Modèle plausible
Une troisième famille de travaux s’intéresse à la façon dont les émotions sont régulées. Les personnes ayant un TSPT décrivent souvent des difficultés à moduler l’intensité des émotions, soit dans le sens d’un débordement (colère, panique), soit d’un engourdissement, y compris chez les personnes présentant des symptômes dissociatifs (Lanius et al., 2010). Ces observations rejoignent des résultats sur le rôle du contrôle exercé par les régions préfrontales sur les réponses émotionnelles.
Ce niveau d’explication est utile, mais peu spécifique : les difficultés de régulation émotionnelle se retrouvent dans de nombreux troubles, et il est souvent difficile de savoir si elles précèdent le trouble, le maintiennent ou en sont une conséquence.
Systèmes de réponse au stress Résultats hétérogènes
Les systèmes biologiques de réponse au stress (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, système noradrénergique) ont été beaucoup étudiés. L’hypothèse d’une hyperréactivité noradrénergique est appuyée par plusieurs résultats, mais celle d’un taux de cortisol systématiquement abaissé est plus fragile : les méta-analyses ne trouvent pas d’écart net et cohérent entre les personnes atteintes et les autres, et la direction comme l’ampleur des différences varient selon l’échantillon, le type d’événement et la façon de mesurer le cortisol (Meewisse et al., 2007 ; Pitman et al., 2012).
Cette hétérogénéité est elle-même informative : elle suggère que « le TSPT » regroupe des profils biologiques différents et que le niveau de cortisol, à lui seul, n’est ni un marqueur diagnostique ni un mécanisme unique.
Ce que la neuro-imagerie permet et ne permet pas de conclure Bien étayé, complexe
Les résultats de neuro-imagerie les plus souvent rapportés dans le TSPT sont une hyperréactivité de l’amygdale, une moindre activation de régions préfrontales médianes et un volume moyen de l’hippocampe plus faible. Ce dernier point est appuyé par une grande méta-analyse multicentrique (Logue et al., 2018), avec toutefois un effet de groupe de faible ampleur : de larges recouvrements existent entre personnes atteintes et personnes exposées non atteintes.
Ces résultats décrivent des différences moyennes entre groupes. Ils ne permettent ni de diagnostiquer un trouble chez une personne, ni de prouver qu’elle a subi un événement, et ils ne disent pas si ces différences précèdent le trouble ou en résultent. Les revues récentes les lisent plutôt dans le cadre du traitement du contexte (Liberzon et Abelson, 2016) que comme une localisation simple de la peur dans une région.
Évaluation
Évaluer : un entretien, pas un test
Repérer des symptômes, poser un diagnostic, distinguer un TSPT d’autres tableaux : trois opérations différentes, qu’aucun questionnaire ne remplace.
Deux définitions officielles, deux populations Critères diagnostiques
Le DSM-5-TR et la CIM-11 ne définissent pas le TSPT de la même façon. Le DSM-5-TR retient quatre ensembles de symptômes, incluant les altérations des cognitions et de l’humeur ; la CIM-11 en retient trois, plus resserrés, sans ensemble équivalent aux cognitions et à l’humeur : certaines dimensions apparentées (dysrégulation émotionnelle, image de soi négative, difficultés relationnelles) figurent, sous une autre forme, parmi les perturbations de l’organisation du soi du TSPT complexe. Les deux exigent un événement d’une gravité particulière, mais la CIM-11 demande moins de symptômes.
Présentation simplifiée
Deux définitions du TSPT
| DSM-5-TR | CIM-11 (6B40) | |
|---|---|---|
| Ensembles de symptômes | Quatre | Trois |
| Re-expérience | Intrusions (souvenirs, cauchemars, flashbacks, détresse au rappel) | Re-expérience « dans le présent », avec émotions fortes |
| Évitement | Oui | Oui |
| Hyperactivation et menace | Irritabilité, hypervigilance, sursaut, sommeil, concentration | Sentiment persistant de menace actuelle (hypervigilance, sursaut) |
| Cognitions et humeur | Ensemble à part entière | Pas d’ensemble équivalent ; des dimensions apparentées figurent parmi les perturbations de l’organisation du soi du TSPT complexe |
| Durée | Plus d’un mois | Au moins plusieurs semaines |
La conséquence est empirique : les deux définitions ne sélectionnent pas exactement les mêmes personnes. Une revue de la littérature (Brewin et al., 2017) montre que, dans la plupart des études, la définition CIM-11 identifie moins de cas que celle du DSM-5, avec un recouvrement important mais incomplet. Comparer des taux de TSPT suppose donc de connaître la définition utilisée.
Entretien structuré, questionnaires, repérage Bonnes pratiques
La référence pour poser un diagnostic de TSPT selon le DSM-5 est l’entretien clinique structuré, notamment l’échelle CAPS-5 (Weathers et al., 2018), qui repose sur les questions d’un clinicien formé et sur l’examen de l’événement, de la chronologie et du retentissement. Les questionnaires d’auto-évaluation, comme la PCL-5 (Blevins et al., 2015), servent au repérage et au suivi des symptômes : un score élevé oriente vers un entretien, mais il ne constitue pas un diagnostic. Pour la CIM-11, l’International Trauma Questionnaire (Cloitre et al., 2018) a été construit pour repérer TSPT et TSPT complexe.
Comme pour tout diagnostic psychiatrique, il n’existe pas de test biologique, d’image cérébrale ni de marqueur qui permette de trancher. Le diagnostic repose sur une convergence : histoire de l’événement, chronologie des symptômes, retentissement, exclusion d’autres explications.
Ce qui peut y ressembler, ce qui vient souvent avec Données cliniques
Plusieurs tableaux se recoupent avec le TSPT : troubles de l’adaptation (réponse à un stresseur identifiable lorsque le tableau ne correspond pas à un autre trouble spécifique, y compris après un événement très grave), dépression, autres troubles anxieux, troubles liés à des substances, et, chez les personnes exposées à des chocs à la tête, des séquelles de traumatisme crânien dont certains symptômes se confondent avec ceux du TSPT. Chez les personnes ayant vécu des événements répétés et précoces, le diagnostic différentiel avec un trouble de la personnalité borderline se pose, sujet repris en section 08.
Les cooccurrences sont la règle plutôt que l’exception. Dans une grande enquête américaine ancienne (Kessler et al., 1995), la grande majorité des personnes ayant un TSPT présentaient au moins un autre trouble, le plus souvent dépressif, anxieux ou lié à l’alcool et aux substances. Cette fréquence rend l’évaluation plus difficile et justifie qu’un bilan ne se limite pas à un seul questionnaire.
Complexité et développement
TSPT complexe et trauma développemental
Deux notions voisines qui n’ont pas le même statut : l’une est une catégorie diagnostique officielle, l’autre un ensemble de propositions plus hétérogènes. Les mettre au même niveau serait une erreur fréquente.
TSPT complexe : une catégorie diagnostique Bien étayé, complexe
Le TSPT complexe (code 6B41) est un diagnostic formel de la CIM-11, distinct du TSPT. Il exige les trois ensembles de symptômes du TSPT auxquels s’ajoutent des « perturbations de l’organisation du soi » : difficultés de régulation des émotions, image de soi durablement négative (sentiment d’être diminué, vaincu ou sans valeur, avec honte ou culpabilité) et difficultés dans les relations (maintenir des liens, se sentir proche des autres). Aucun type d’événement n’est exigé pour poser le diagnostic, mais ce trouble est particulièrement associé à des expositions prolongées ou répétées dont il est difficile ou impossible de s’échapper, par exemple des violences répétées dans l’enfance ou dans le couple, l’esclavage ou la torture.
Présentation simplifiée
TSPT et TSPT complexe dans la CIM-11
| TSPT (6B40) | TSPT complexe (6B41) | |
|---|---|---|
| Ensembles de symptômes du TSPT | Trois | Les trois |
| Perturbations de l’organisation du soi | Non | Oui (émotions, image de soi, relations) |
| Événements typiques | Un événement ou une série | Plutôt prolongés ou répétés, échappatoire difficile (non exigés pour le diagnostic) |
| Statut dans le DSM-5-TR | Catégorie officielle | Non retenue |
Plusieurs analyses de profils latents ont trouvé des groupes de personnes correspondant à ce tableau distinct (Cloitre et al., 2013 ; Maercker et al., 2022). Des questions restent ouvertes : la frontière avec le TSPT (est-elle qualitative ou une différence de degré ?), le recouvrement avec le trouble de la personnalité borderline, que des travaux distinguent tout en reconnaissant des zones communes (Cloitre et al., 2014), et les traitements spécifiques, moins bien établis que ceux du TSPT. Le DSM-5-TR n’a pas retenu cette catégorie.
Trauma développemental : un ensemble de propositions plus hétérogènes Dépend des définitions
« Trauma développemental » n’est pas un diagnostic officiel. L’expression désigne un cadre conceptuel : les adversités précoces, notamment la maltraitance et la négligence, perturbent plusieurs domaines du développement (régulation émotionnelle, attachement, image de soi, relations) de façon plus large que ce que capte le TSPT. Bessel van der Kolk a proposé en 2005 de créer un « trouble traumatique développemental » ; cette proposition n’a été retenue ni par le DSM-5 ni par la CIM-11.
L’expression recouvre donc des choses différentes selon les auteurs : une catégorie diagnostique proposée, un ensemble de conséquences observées, un modèle de développement. Cette flexibilité explique son succès, et aussi la difficulté à évaluer ses affirmations : sans définition partagée, on ne sait pas ce qu’un résultat confirme ou infirme.
Adversités précoces, attachement et trauma : ne pas les confondre Bien étayé, complexe
De vastes enquêtes, dont l’étude ACE (Felitti et al., 1998), ont montré que le cumul d’adversités dans l’enfance est associé, à l’échelle des populations, à un risque accru de nombreux problèmes de santé mentale et physique à l’âge adulte. Ces résultats sont solides en tant qu’associations de population ; ils ne permettent pas de prédire l’évolution d’une personne donnée.
Il ne faut pas non plus assimiler attachement désorganisé et trauma. L’attachement désorganisé est un pattern observé chez le nourrisson, associé à la maltraitance mais aussi à d’autres conditions, et n’est pas en soi un diagnostic (Granqvist et al., 2017). Un trauma précoce peut y contribuer ; l’un ne se déduit pas de l’autre.
Controverses
Controverses, limites et mésusages
Un dossier honnête sur ce sujet doit aussi dire où la catégorie est discutée, où des idées séduisantes ont été démenties et où le vocabulaire déborde le champ clinique.
Inflation du trauma : trois phénomènes à ne pas confondre Dépend des définitions
Parler d’une « inflation du trauma » recouvre au moins trois phénomènes distincts. Le premier est l’extension du vocabulaire courant : le mot « trauma » est employé pour des expériences très diverses, y compris des difficultés ordinaires. Le deuxième est la modification des catégories diagnostiques : les définitions de l’événement et des symptômes ont changé entre le DSM-III, le DSM-IV, le DSM-5 et la CIM-11, déplaçant les frontières. Le troisième est l’évolution réelle du recours au diagnostic : le nombre de personnes évaluées, diagnostiquées et prises en charge.
Ces trois phénomènes ne vont pas nécessairement dans le même sens, et les confondre conduit à deux oppositions artificielles : « tout est trauma aujourd’hui » ou « les gens souffraient autant avant mais n’étaient pas diagnostiqués ». Les deux peuvent être partiellement vraies, selon ce que l’on mesure. Le psychologue Nick Haslam a décrit un « concept creep » : l’élargissement continu de concepts de dommage et de pathologie, dont le trauma est un exemple (Haslam, 2016). C’est une hypothèse d’analyse plus qu’un résultat quantitatif.
Souvenirs retrouvés et faux souvenirs Controversé
Dans les années 1990, la question de savoir si des souvenirs de violences vécues dans l’enfance pouvaient être oubliés puis retrouvés a donné lieu à de violents affrontements. Deux points sont aujourd’hui bien établis. D’une part, des événements réels et documentés peuvent ne pas être rapportés lors d’un entretien ultérieur : dans une étude prospective, environ 38 % de femmes dont des violences sexuelles dans l’enfance avaient été documentées ne les mentionnaient pas dix-sept ans plus tard (Williams, 1994). Ce résultat est compatible avec l’oubli dans certains cas, mais il ne démontre pas à lui seul un mécanisme particulier de refoulement ou d’amnésie : non-rapport, oubli, réticence à se confier et lecture différente de ce qui s’est passé ne sont pas parfaitement séparables. D’autre part, des souvenirs d’événements qui ne se sont pas produits peuvent être induits, en particulier dans des contextes suggestifs ; une revue systématique estime qu’environ une personne sur sept développe un faux souvenir complet dans ces expériences, et davantage un souvenir partiel (Brewin et Andrews, 2017).
Ce que ces résultats ne permettent pas, c’est de conclure dans un cas particulier. La certitude ressentie n’est pas un indicateur d’exactitude, et le fait d’avoir oublié n’est pas une preuve d’un mécanisme de refoulement au sens freudien. Une revue de la littérature conclut que les souvenirs de trauma ne sont généralement pas oubliés complètement et qu’il n’existe pas de preuve solide d’un mécanisme spécifique par lequel ils seraient enfouis puis restitués intacts (Brewin, 2007). Cette position n’invalide ni la parole des personnes qui rapportent un souvenir retrouvé, ni la prudence qui s’impose face à un souvenir reconstruit sous influence.
Croissance post-traumatique : phénomène, mesure, injonction Controversé
Beaucoup de personnes rapportent, après une épreuve grave, des changements qu’elles jugent positifs : relations approfondies, sens de leurs priorités, sentiment de force personnelle. Tedeschi et Calhoun (1996) ont proposé un inventaire de « croissance post-traumatique » pour mesurer ces changements. La question posée est celle de leur réalité : lorsque les personnes sont suivies avant et après l’événement, la croissance déclarée ne correspond pas toujours à un changement effectivement mesuré (Frazier et al., 2009), et certains auteurs y voient davantage une façon de faire face qu’un changement objectif (Infurna et Jayawickreme, 2019).
Le sujet est délicat : nier ces récits serait injuste, en faire une attente serait un autre risque. Une lecture prudente consiste à les considérer comme des expériences réelles et importantes pour ceux qui les vivent, sans en faire un résultat attendu de l’épreuve ni une promesse thérapeutique.
Le vocabulaire du trauma hors de la clinique Peu de données
Le mot « trauma » circule aujourd’hui largement hors des cabinets, dans le langage courant, dans les médias et sur les réseaux sociaux, où il désigne parfois une réaction très banale, parfois une explication générale des difficultés d’une personne. Ce déplacement a deux effets possibles : il peut aider des personnes à reconnaître et à nommer des expériences longtemps minimisées, et il peut brouiller la distinction entre un événement, une souffrance et un trouble.
Il existe peu de données qui mesurent directement l’effet de ces usages sur la demande de soins, la perception des symptômes ou l’attente d’un diagnostic. Le sujet relève donc, aujourd’hui, de questions ouvertes plutôt que de résultats, et la réponse ne peut pas être « c’est un effet de mode » ou « c’est un progrès » sans mesures plus précises.
Prise en charge
Ce que les traitements peuvent réellement modifier
Les traitements du TSPT sont parmi les mieux évalués de la psychiatrie. Leur efficacité clinique est établie ; l’explication de leur fonctionnement, elle, reste plus discutée.
Intervention précoce : le cas du débriefing psychologique Non recommandé
L’idée est intuitive : proposer à toute personne exposée, dans les heures ou les jours qui suivent, une séance où elle raconte l’événement et exprime ses émotions, pour éviter que les symptômes s’installent. Cette pratique, appelée débriefing psychologique, a été largement diffusée dans les années 1980 et 1990. Mais les essais contrôlés randomisés n’ont pas montré qu’une séance unique prévienne le TSPT ; la revue Cochrane (Rose et al., 2002) et une méta-analyse (van Emmerik et al., 2002) ne trouvent pas de bénéfice, et certains essais suggèrent même une évolution moins favorable chez les personnes débriefées.
Les recommandations actuelles en tirent la conclusion : le NICE recommande de ne pas proposer de débriefing psychologique, ni pour prévenir ni pour traiter le TSPT. Elles conseillent à la place deux choses. D’abord, un soutien pratique et empathique, respectueux du rythme de la personne et sans obliger à raconter, comme les « premiers secours psychologiques » décrits par l’OMS. Ensuite, une surveillance des symptômes dans le premier mois, avec une prise en charge spécialisée si des symptômes importants persistent. Cet exemple montre qu’une intervention plausible peut être inefficace, voire nuisible.
Les psychothérapies centrées sur le trauma Bien établi
Chez l’adulte, les recommandations placent en première ligne les psychothérapies centrées sur le trauma : thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le trauma (qui combine exposition au souvenir, travail sur les interprétations et sur l’évitement), exposition prolongée, thérapie de traitement cognitif, et EMDR. Le NICE recommande une thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le trauma pour les adultes présentant des symptômes importants plus d’un mois après l’événement (National Institute for Health and Care Excellence, 2018). Une méta-analyse récente (Lewis et al., 2020) confirme des effets importants comparés à l’absence de traitement, avec peu de différences nettes entre les approches centrées sur le trauma.
Chez l’enfant et l’adolescent, les thérapies centrées sur le trauma sont également recommandées, avec des effets favorables dans la revue Cochrane correspondante (Gillies et al., 2016). Ces résultats portent sur des groupes : tous les patients ne répondent pas, une partie interrompt le traitement, et les personnes ayant des expositions répétées et précoces ou des symptômes de TSPT complexe sont moins bien représentées dans les essais.
L’EMDR : efficacité d’un protocole, explication de son effet Bien étayé, complexe
L’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) est un protocole en plusieurs phases qui associe le rappel guidé de souvenirs ciblés à une stimulation bilatérale, le plus souvent des mouvements des yeux. Le NICE le recommande pour les adultes qui consultent plus de trois mois après un événement non lié au combat. Une méta-analyse (Cuijpers et al., 2020) trouve que l’EMDR est plus efficace que l’absence de traitement et d’efficacité comparable à d’autres traitements actifs.
La question scientifiquement intéressante n’est donc pas « l’EMDR marche-t-il ? », mais ce qui, dans le protocole, produit son effet. Les études de démantèlement, qui comparent la procédure avec et sans mouvements oculaires, donnent des résultats contrastés (Lee et Cuijpers, 2013) : un effet des mouvements est observé dans des tâches de laboratoire, moins clairement chez les patients. Une hypothèse fréquente est que l’exposition au souvenir, présente dans l’EMDR comme dans les autres thérapies, y joue un rôle déterminant. L’efficacité clinique d’un protocole ne valide donc pas, à elle seule, toutes les explications proposées de son fonctionnement.
Médicaments Bien étayé, complexe
Chez l’adulte, certains antidépresseurs (des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et la venlafaxine, notamment) montrent dans les essais contre placebo un bénéfice modeste (Hoskins et al., 2015). Le NICE recommande d’envisager un antidépresseur (venlafaxine ou un ISRS) lorsque la personne préfère un traitement médicamenteux, avec une réévaluation régulière ; les recommandations américaines VA/DoD de 2023 retiennent la sertraline, la paroxétine et la venlafaxine, et placent la psychothérapie centrée sur le trauma avant le médicament quand celle-ci est possible.
Les médicaments peuvent aussi traiter des difficultés associées, comme un trouble du sommeil ou une dépression. Ils ne sont en revanche pas recommandés pour prévenir un TSPT dans les jours qui suivent un événement.
Idées reçues et bilan
Idées reçues, puis bilan
Huit affirmations fréquentes, et ce que les données permettent réellement de dire, puis une hiérarchisation des affirmations du dossier lui-même.
« Il faut absolument en parler tout de suite »
Faire raconter immédiatement l’événement à toute personne exposée n’a pas montré qu’il prévenait le TSPT, et certains essais suggèrent une évolution moins favorable. Un soutien pratique, sans pression à raconter, est ce qui est recommandé.
Non recommandé
« Toute personne exposée à un événement grave développe un TSPT »
Plus de 70 % des adultes sont exposés à au moins un événement potentiellement traumatique, et seule une petite fraction développe un TSPT. La trajectoire la plus fréquente est la résilience.
Non démontré
« Le souvenir traumatique est refoulé puis revient intact »
L’oubli complet d’un événement grave est rare, et rien ne montre que les souvenirs traumatiques soient stockés intacts pour resurgir plus tard. Un souvenir retrouvé peut être exact ou reconstruit ; la certitude ressentie ne permet pas de trancher.
Non démontré
« Le TSPT ne concerne que les soldats »
La catégorie est née de l’expérience de la guerre, mais les enquêtes en population montrent des taux importants après des violences interpersonnelles, des accidents, des deuils brutaux et d’autres événements.
Non démontré
« Un trauma marque à vie »
Les études longitudinales montrent des trajectoires variées : la plupart des personnes exposées n’ont pas de trouble durable, et beaucoup de celles qui en ont un se rétablissent, avec ou sans traitement. Une évolution chronique existe, mais elle n’est pas la règle.
Non démontré
« Si les symptômes apparaissent des années après, c’est un trauma resté caché »
Les revues montrent que le début différé correspond le plus souvent à l’aggravation de symptômes déjà présents sous le seuil, plutôt qu’à l’émergence d’un trouble chez une personne jusque-là indemne.
À nuancer
« Une imagerie cérébrale peut prouver un trauma »
Les différences observées (volume de l’hippocampe, réactivité de l’amygdale) sont des moyennes de groupes, avec de larges recouvrements. Elles ne permettent ni de diagnostiquer un trouble chez une personne ni de prouver qu’elle a vécu un événement.
Non démontré
« Le trauma se voit à l’intensité de l’événement »
La gravité de l’événement compte, mais elle ne suffit pas : le type d’exposition, la répétition, le contexte, le soutien reçu et la personne interviennent. La même situation ne produit pas la même réponse chez tous.
À nuancer
Ce qu’on sait, ce qu’on suppose
Établi
- Exposition à un événement potentiellement traumatique et TSPT sont deux choses différentes : la majorité des exposés ne développent pas de trouble.
- Plusieurs trajectoires existent après un événement, la résilience étant la plus fréquente.
- Le type d’événement modifie fortement le risque, avec les taux les plus élevés après des violences interpersonnelles.
- Plusieurs psychothérapies centrées sur le trauma sont efficaces chez l’adulte et chez l’enfant.
Bien étayé, mais incomplet
- Les facteurs de vulnérabilité et de protection (soutien social, adversités cumulées, dissociation au moment de l’événement) sont associés au risque, avec des effets modestes et variables.
- L’évitement joue un rôle important dans le maintien des symptômes, mais les preuves de médiation restent limitées.
- Certaines différences cognitives, mnésiques et cérébrales moyennes existent entre groupes, sans valeur diagnostique individuelle.
- Le TSPT complexe correspond à un profil distinct dans plusieurs études, avec un recouvrement à clarifier avec d’autres tableaux.
Modèle plausible
- Le conditionnement et la généralisation de la peur.
- Les modèles cognitifs (interprétations négatives, mémoire mal contextualisée).
- Les modèles de régulation émotionnelle.
Controversé ou dépendant des définitions
- La « mémoire traumatique » comme forme de mémoire spécifique.
- La croissance post-traumatique, comme phénomène et comme mesure.
- Certains aspects de la dissociation.
- L’ampleur réelle de l’« inflation du trauma », selon que l’on parle du vocabulaire, des catégories ou du recours au diagnostic.
- Ce qui, dans l’EMDR, produit l’effet clinique.
Rejeté ou non recommandé
- Le débriefing psychologique immédiat pour prévenir le TSPT.
- L’idée d’un souvenir nécessairement refoulé puis retrouvé intact.
- Une signature cérébrale individuelle permettant de diagnostiquer un trauma.
- Le trauma vu comme un destin inévitable après un événement grave.
Documentation
Références
Une sélection internationale de synthèses, travaux empiriques et documents professionnels. Les références sont présentées selon les normes APA.
- Alisic, E., Zalta, A. K., van Wesel, F., et al. (2014). Rates of post-traumatic stress disorder in trauma-exposed children and adolescents: Meta-analysis. British Journal of Psychiatry, 204(5), 335-340.
- American Psychiatric Association. (2022). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5th ed., text rev.).
- Andrews, B., Brewin, C. R., Philpott, R., & Stewart, L. (2007). Delayed-onset posttraumatic stress disorder: A systematic review of the evidence. American Journal of Psychiatry, 164(9), 1319-1326.
- Benjet, C., Bromet, E., Karam, E. G., et al. (2016). The epidemiology of traumatic event exposure worldwide: Results from the World Mental Health Survey Consortium. Psychological Medicine, 46(2), 327-343.
- Blevins, C. A., Weathers, F. W., Davis, M. T., Witte, T. K., & Domino, J. L. (2015). The Posttraumatic Stress Disorder Checklist for DSM-5 (PCL-5): Development and initial psychometric evaluation. Journal of Traumatic Stress, 28(6), 489-498.
- Bonanno, G. A. (2004). Loss, trauma, and human resilience: Have we underestimated the human capacity to thrive after extremely aversive events? American Psychologist, 59(1), 20-28.
- Breslau, N., & Kessler, R. C. (2001). The stressor criterion in DSM-IV posttraumatic stress disorder: An empirical investigation. Biological Psychiatry, 50(9), 699-704.
- Brewin, C. R. (2007). Autobiographical memory for trauma: Update on four controversies. Memory, 15(3), 227-248.
- Brewin, C. R., & Andrews, B. (2017). Creating memories for false autobiographical events in childhood: A systematic review. Applied Cognitive Psychology, 31(1), 2-23.
- Brewin, C. R., Andrews, B., & Valentine, J. D. (2000). Meta-analysis of risk factors for posttraumatic stress disorder in trauma-exposed adults. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 68(5), 748-766.
- Brewin, C. R., Cloitre, M., Hyland, P., et al. (2017). A review of current evidence regarding the ICD-11 proposals for diagnosing PTSD and complex PTSD. Clinical Psychology Review, 58, 1-15.
- Brewin, C. R., Dalgleish, T., & Joseph, S. (1996). A dual representation theory of posttraumatic stress disorder. Psychological Review, 103(4), 670-686.
- Brewin, C. R., Gregory, J. D., Lipton, M., & Burgess, N. (2010). Intrusive images in psychological disorders: Characteristics, neural mechanisms, and treatment implications. Psychological Review, 117(1), 210-232.
- Cloitre, M., Garvert, D. W., Brewin, C. R., Bryant, R. A., & Maercker, A. (2013). Evidence for proposed ICD-11 PTSD and complex PTSD: A latent profile analysis. European Journal of Psychotraumatology, 4, 20706.
- Cloitre, M., Garvert, D. W., Weiss, B., Carlson, E. B., & Bryant, R. A. (2014). Distinguishing PTSD, complex PTSD, and borderline personality disorder: A latent class analysis. European Journal of Psychotraumatology, 5, 25097.
- Cloitre, M., Shevlin, M., Brewin, C. R., et al. (2018). The International Trauma Questionnaire: Development of a self-report measure of ICD-11 PTSD and complex PTSD. Acta Psychiatrica Scandinavica, 138(6), 536-546.
- Cuijpers, P., van Veen, S. C., Sijbrandij, M., Yoder, W., & Cristea, I. A. (2020). Eye movement desensitization and reprocessing for mental health problems: A systematic review and meta-analysis. Cognitive Behaviour Therapy, 49(3), 165-180.
- Department of Veterans Affairs & Department of Defense. (2023). VA/DoD clinical practice guideline for the management of posttraumatic stress disorder and acute stress disorder (synopsis publiée dans Annals of Internal Medicine).
- Dunsmoor, J. E., & Paz, R. (2015). Fear generalization and anxiety: Behavioral and neural mechanisms. Biological Psychiatry, 78(5), 336-343.
- Ehlers, A., & Clark, D. M. (2000). A cognitive model of posttraumatic stress disorder. Behaviour Research and Therapy, 38(4), 319-345.
- Fassin, D., & Rechtman, R. (2009). The empire of trauma: An inquiry into the condition of victimhood. Princeton University Press.
- Felitti, V. J., Anda, R. F., Nordenberg, D., et al. (1998). Relationship of childhood abuse and household dysfunction to many of the leading causes of death in adults: The Adverse Childhood Experiences (ACE) study. American Journal of Preventive Medicine, 14(4), 245-258.
- Foa, E. B., & Kozak, M. J. (1986). Emotional processing of fear: Exposure to corrective information. Psychological Bulletin, 99(1), 20-35.
- Frazier, P., Tennen, H., Gavian, M., et al. (2009). Does self-reported posttraumatic growth reflect genuine positive change? Psychological Science, 20(7), 912-919.
- Galatzer-Levy, I. R., Huang, S. H., & Bonanno, G. A. (2018). Trajectories of resilience and dysfunction following potential trauma: A review and statistical evaluation. Clinical Psychology Review, 63, 41-55.
- Gilbertson, M. W., Shenton, M. E., Ciszewski, A., et al. (2002). Smaller hippocampal volume predicts pathologic vulnerability to psychological trauma. Nature Neuroscience, 5(11), 1242-1247.
- Gillies, D., Maiocchi, L., Bhandari, A. P., et al. (2016). Psychological therapies for children and adolescents exposed to trauma. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2016(10), CD012371.
- Granqvist, P., Sroufe, L. A., Dozier, M., et al. (2017). Disorganized attachment in infancy: A review of the phenomenon and its implications for clinicians and policy-makers. Attachment & Human Development, 19(6), 534-558.
- Haslam, N. (2016). Concept creep: Psychology’s expanding concepts of harm and pathology. Psychological Inquiry, 27(1), 1-17.
- Hoskins, M., Pearce, J., Bethell, A., et al. (2015). Pharmacotherapy for post-traumatic stress disorder: Systematic review and meta-analysis. British Journal of Psychiatry, 206(2), 93-100.
- Infurna, F. J., & Jayawickreme, E. (2019). Fixing the growth illusion: New directions for research in resilience and posttraumatic growth. Current Directions in Psychological Science, 28(2), 152-158.
- Jones, E., & Wessely, S. (2005). Shell shock to PTSD: Military psychiatry from 1900 to the Gulf War. Psychology Press.
- Kessler, R. C., Aguilar-Gaxiola, S., Alonso, J., et al. (2017). Trauma and PTSD in the WHO World Mental Health Surveys. European Journal of Psychotraumatology, 8(sup5), 1353383.
- Kessler, R. C., Sonnega, A., Bromet, E., Hughes, M., & Nelson, C. B. (1995). Posttraumatic stress disorder in the National Comorbidity Survey. Archives of General Psychiatry, 52(12), 1048-1060.
- Lanius, R. A., Vermetten, E., Loewenstein, R. J., et al. (2010). Emotion modulation in PTSD: Clinical and neurobiological evidence for a dissociative subtype. American Journal of Psychiatry, 167(6), 640-647.
- Lee, C. W., & Cuijpers, P. (2013). A meta-analysis of the contribution of eye movements in processing emotional memories. Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 44(2), 231-239.
- Lewis, C., Roberts, N. P., Andrew, M., Starling, E., & Bisson, J. I. (2020). Psychological therapies for post-traumatic stress disorder in adults: Systematic review and meta-analysis. European Journal of Psychotraumatology, 11(1), 1729633.
- Leys, R. (2000). Trauma: A genealogy. University of Chicago Press.
- Liberzon, I., & Abelson, J. L. (2016). Context processing and the neurobiology of post-traumatic stress disorder. Neuron, 92(1), 14-30.
- Logue, M. W., van Rooij, S. J. H., Dennis, E. L., et al. (2018). Smaller hippocampal volume in posttraumatic stress disorder: A multisite ENIGMA-PGC study. Biological Psychiatry, 83(3), 244-253.
- Maercker, A., Cloitre, M., Bachem, R., et al. (2022). Complex post-traumatic stress disorder. The Lancet, 400(10345), 60-72.
- McNally, R. J. (2003). Progress and controversy in the study of posttraumatic stress disorder. Annual Review of Psychology, 54, 229-252.
- McNally, R. J. (2009). Can we fix PTSD in DSM-V? Depression and Anxiety, 26(7), 597-600.
- Meewisse, M.-L., Reitsma, J. B., de Vries, G.-J., Gersons, B. P. R., & Olff, M. (2007). Cortisol and post-traumatic stress disorder in adults: Systematic review and meta-analysis. British Journal of Psychiatry, 191, 387-392.
- Milad, M. R., & Quirk, G. J. (2012). Fear extinction as a model for translational neuroscience: Ten years of progress. Annual Review of Psychology, 63, 129-151.
- National Institute for Health and Care Excellence. (2018). Post-traumatic stress disorder (NICE guideline NG116).
- Nievergelt, C. M., Maihofer, A. X., Atkinson, E. G., et al. (2024). Genome-wide association analyses identify 95 risk loci and provide insights into the neurobiology of post-traumatic stress disorder. Nature Genetics, 56(5), 792-808.
- Organisation mondiale de la santé. (2019). International Classification of Diseases, 11th Revision (ICD-11), 6B40 Post traumatic stress disorder and 6B41 Complex post traumatic stress disorder.
- Organisation mondiale de la santé. (2024). Clinical descriptions and diagnostic requirements for ICD-11 mental, behavioural and neurodevelopmental disorders.
- Ozer, E. J., Best, S. R., Lipsey, T. L., & Weiss, D. S. (2003). Predictors of posttraumatic stress disorder and symptoms in adults: A meta-analysis. Psychological Bulletin, 129(1), 52-73.
- Pitman, R. K., Rasmusson, A. M., Koenen, K. C., et al. (2012). Biological studies of post-traumatic stress disorder. Nature Reviews Neuroscience, 13(11), 769-787.
- Rose, S., Bisson, J., & Wessely, S. (2002). Psychological debriefing for preventing post traumatic stress disorder (PTSD). Cochrane Database of Systematic Reviews, 2002(2), CD000560.
- Rubin, D. C., Berntsen, D., & Bohni, M. K. (2008). A memory-based model of posttraumatic stress disorder: Evaluating basic assumptions underlying the PTSD diagnosis. Psychological Review, 115(4), 985-1011.
- Stein, D. J., Koenen, K. C., Friedman, M. J., et al. (2013). Dissociation in posttraumatic stress disorder: Evidence from the World Mental Health Surveys. Biological Psychiatry, 73(4), 302-312.
- Tedeschi, R. G., & Calhoun, L. G. (1996). The Posttraumatic Growth Inventory: Measuring the positive legacy of trauma. Journal of Traumatic Stress, 9(3), 455-471.
- Trickey, D., Siddaway, A. P., Meiser-Stedman, R., Serpell, L., & Field, A. P. (2012). A meta-analysis of risk factors for post-traumatic stress disorder in children and adolescents. Clinical Psychology Review, 32(2), 122-138.
- van der Kolk, B. A. (2005). Developmental trauma disorder: Toward a rational diagnosis for children with complex trauma histories. Psychiatric Annals, 35(5), 401-408.
- van Emmerik, A. A. P., Kamphuis, J. H., Hulsbosch, A. M., & Emmelkamp, P. M. G. (2002). Single session debriefing after psychological trauma: A meta-analysis. The Lancet, 360(9335), 766-771.
- Weathers, F. W., Bovin, M. J., Lee, D. J., et al. (2018). The Clinician-Administered PTSD Scale for DSM-5 (CAPS-5): Development and initial psychometric evaluation in military veterans. Psychological Assessment, 30(3), 383-395.
- Williams, L. M. (1994). Recall of childhood trauma: A prospective study of women’s memories of child sexual abuse. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 62(6), 1167-1176.
- World Health Organization, War Trauma Foundation, & World Vision International. (2011). Psychological first aid: Guide for field workers.
- Young, A. (1995). The harmony of illusions: Inventing post-traumatic stress disorder. Princeton University Press.
Dernière révision documentaire : 20 septembre 2026.